Un compromis qui ne fait pas d’heureux est un mauvais compromis, a coutume de dire ce qu’il est convenu d’appeler la sagesse populaire. Si tel est le cas, celui auquel sont parvenus les partenaires sociaux sur la sécurisation de l’emploi en fin de semaine dernière, pourrait mériter ce qualificatif peu flatteur. Pourtant, personne, ni dans les cercles politiques ni dans les organisations syndicales ou professionnelles, n’a osé le qualifier ainsi. Le terme d’historique n’a pas non plus été davantage utilisé, même si de nombreux commentateurs saluaient l’esprit nouveau qui avait permis de concilier des intérêts assez éloignés entre patronat et salariés sur la flexibilité de l’emploi et la préservation d’avantages acquis. Il est vrai que l’urgence est bien à la défense de l’emploi, tous les signaux étant désormais au rouge. Même pour le secteur agroalimentaire jusque-là épargné. Les plans de licenciement n’avaient jamais totalement épargné le secteur qui a connu de nombreuses restructurations dans le passé. Mais la tendance n’avait jamais été ressentie comme générale. L’ambiance est désormais tout autre. L’annonce faite par Danone d’un programme de réduction des emplois a été à cet égard emblématique, car affectant un des fleurons de la branche. Mais le phénomène est général et touche toute la filière, confirmé par le président de l’Ania, annonçant 5 000 suppressions d’emploi, lors d’une présentation de ses vœux de bonne année, et prévoyant le même nombre pour 2013. Toute mesure pour infléchir cette tendance dramatique est donc bienvenue. Et plutôt que de moquer un accord, peut-être imparfait, il est bienvenu. Il sera jugé à l’usure du temps, mais d’autres mesures emportant là encore un consensus inhabituel, peuvent lui donner quelque chance de succès. Cette mobilisation nécessaire semble partagée par tous, et c’est un bon point pour ce début d’année.

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