Des financiers qui choisissent de créer un fonds presque exclusivement consacré aux activités agricoles. C’est ce qu’a décidé une banque suisse. En dépit du retournement de situation depuis la flambée des cours de fin 2007, elle estime que les « fondamentaux » sont favorables à l’activité agricole. Les besoins alimentaires ne vont pas cesser de croître, les progrès technologiques garderont un rythme soutenu (même en ne tenant pas compte des OGM), la productivité s’améliorera, de nouveaux équipements apparaîtront…

Face à ces perspectives, et du fait de la crise boursière, les « tickets d’entrée » dans les entreprises ont fortement baissé. Ce qui est vrai des sociétés en général est vrai de entreprises agricoles. C’est le moment d’investir. L’action d’un des poids lourds du machinisme agricole, AGCO (Fendt, Massey Ferguson), cote aujourd’hui 25 dollars contre 60 dollars il y a un an…

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Cette confiance devrait inspirer toute la filière agricole elle-même, depuis les agriculteurs jusqu’aux industriels. Ils se trouvent tous sur un secteur qui a de l’avenir, à condition qu’on y investisse, qu’on ne l’appauvrisse pas. Voilà pourquoi les industriels laitiers devraient y regarder à deux fois avant de comprimer les prix de leurs fournisseurs de lait comme ils le font actuellement. Collectivement, ils vont dans le sens d’un appauvrissement de la filière. Au contraire, demain, ils auront besoin de producteurs solides, ayant modernisé leurs exploitations, capables de répondre à des besoins spécifiques en qualité et quantité. Capables aussi, sans doute, d’investir dans les entreprises, exactement comme l’ont fait d’autres secteurs agricoles. Plutôt que de pressurer les éleveurs, les laiteries devraient plutôt tenter de revenir à une démarche collective pour éviter des baisses trop drastiques. C’est dans leur propre intérêt.