C’est plus qu’un risque, c’est un phénomène ras-de-marée : on se complaît surtout en haut lieu à entretenir dans les esprits la plus grande confusion ; Nicolas Sarkozy et « ses amis distributeurs », comme dit Jean-René Buisson, font croire que les prix alimentaires sont de grands fauteurs d’inflation. Ils renforcent l’hypersensibilité – propre aux Français – sur ce qui s’achète chaque jour mais qui pèse de moins en moins dans leur budget. On peut brandir la menace de hausses sur l’alimentaire, « ce qui ne sera pas le cas », assure le président de l’Ania, « ou si peu …par rapport au prix de l’essence », mais, selon l’économiste Jean-Paul Betbèze entendu à la table-ronde organisée par le Crédit agricole, c’est ne pas faire un distinguo pourtant essentiel : les prix agricoles ont longtemps été les dindons d’une farce mondiale, et s’il en va autrement aujourd’hui, selon lui, ce n’est qu’une saine revanche ; toute hausse des prix n’est pas inflationniste, en tout cas pas celle qui, nourrie par une forte demande des pays émergents, peut nous inviter simplement à produire plus !
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Au fond, il est aussi difficile de dissuader les gardiens du dogme anti-inflation de sévir (la BCE ?) au moment où l’économie est plutôt ralentie, que de résister aux sirènes d’un Leclerc entraînant les politiques dans une voie bien connue qui consiste finalement à confier à l’oligopole de la grande distribution le rôle de régulateur … Sans prendre garde que ce sera donner une prime à la MDD ou au hard-discount et donc paupériser davantage nos entreprises en amont.