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Sécheresse Contre la sécheresse, des aides nationales oui, européennes non

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Le versement anticipé d’un acompte sur les paiements directs et des adaptations ponctuelles des règles agri-environnementales sont à peu près les seuls soutiens à attendre pour l’instant de l’UE face aux conséquences de la sécheresse. Les Etats membres concernés doivent donc recourir aux mesures nationales. Et aussi attendre les conclusions du groupe de travail sur le secteur bovin.

Lors du Conseil agricole extraordinaire du 7 juin à Luxembourg consacré à l’impact de l’E-Coli sur le marché, le ministre français, Bruno Le Maire, soutenu par son homologue belge, a tenu à revenir sur la question de la sécheresse en Europe du Nord. Celle-ci a plusieurs conséquences, selon la France : « Des pertes de rendements prévisibles pour certaines cultures, en particulier les fourrages et les céréales, et des inquiétudes pour d’autres cultures si la situation perdure (maïs) ; des inquiétudes très fortes au niveau des éleveurs, qui, par crainte de ne pouvoir nourrir leurs animaux, choisissent de les vendre de manière prématurée, ce qui risque de déstabiliser le marché ».
« L’augmentation récente de l’offre d’animaux dans les abattoirs depuis une dizaine de jours et sur les marchés (+50 % dans certaines régions) va au-delà de l’ajustement normal de l’offre à la demande », souligne Paris, ajoutant que, « si ces tendances se prolongeaient, voire s’amplifiaient, cela pourrait déstabiliser gravement le marché européen ».
En conclusion, « si les conséquences de cette crise sur les marchés se confirment, la France demande à la Commission européenne la réactivité nécessaire pour mettre en place le moment venu les mesures de marché appropriées ».

Groupe de travail sur la viande bovine
En réponse, Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, a rappelé que les problèmes structurels du secteur de la viande bovine allaient être discutés par un groupe de travail ad hoc. Celui-ci est convoqué le 29 juin, avec la participation des experts des Vingt-sept et des professionnels membres du groupe consultatif, qui tiendront des réunions préparatoires respectivement les 15 et 16 juin.
M. Ciolos a aussi souligné que, à ce stade, trois Etats membres – Belgique, France, Espagne – avaient demandé l’autorisation de verser un acompte sur les aides directes de façon anticipée, au 16 octobre, pour soutenir les exploitants. Les administrations nationales ont aussi la possibilité d’accorder des aides nationales dites de minimis (au maximum 7 500 euros par exploitation sur trois ans). Le commissaire européen a assuré par ailleurs qu’il était disposé à approuver rapidement des modifications des programmes de développement rural pour tenir compte de la sécheresse. En Belgique, la région wallonne a ainsi demandé de pouvoir laisser les animaux sur les terres en jachère.

« Pas à l’échelle européenne »
« Je pense que nous aurons des possibilités d’aides nationales qui dépasseront ce qui est autorisé d’ordinaire par l’UE. Cela permettra d’apporter un soutien supplémentaire aux éleveurs », avait déclaré M. Le Maire le 6 juin à Bruxelles à l’issue d’un entretien avec M. Ciolos, consacré au soutien pouvant être apporté aux agriculteurs frappés par la sécheresse. Pour le ministre français, il s’agissait notamment d’obtenir des « assurances » afin d’éviter d’avoir à rembourser ces aides. « Nous ne sommes pas convaincus à ce stade que cela atteigne une échelle européenne » justifiant une intervention de l’UE, avait déclaré en revanche Roger Waite, le porte-parole du commissaire à l’agriculture.

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