On comprend l’intention des pouvoirs publics : vouloir définir un budget par objectifs plutôt que par postes de dépenses, c’est vouloir démontrer qu’on est efficace. Le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau, comme ses compères, n’a cessé de le redire à l’occasion de la présentation de son projet pour 2006. L’inconvénient, c’est que cette démarche, en tout cas pour la première année, rend très compliqué l’exercice qui consiste à évaluer l’intensité de l’effort porté sur tel ou tel poste. Difficulté accrue du fait de la décentralisation des budgets. Comment juger, par exemple, le soutien à l’installation si l’on ne peut connaître le montant affecté à la DJA (Dotation aux jeunes installés) ?

Force est donc de jouer sur la confiance. On ne voit pas très bien comment les parlementaires, qui votent le budget, pourraient faire autrement.

Qui dit confiance, dit contrôle. Puisque celui-ci ne peut être efficace, a priori, sur des intentions, il devra se faire a posteriori, sur des réalisations. Les parlementaires, comme le public et donc les médias, devraient pouvoir être informés, d’une manière même assez solennelle, de la plus ou moins bonne réalisation des objectifs affichés. À l’instar du ministère de l’Economie, celui de l’Agriculture pourrait définir une série de chiffres qui constitueraient un tableau de bord de son efficacité. Parmi ces chiffres se trouveraient, bien sûr, le coût de gestion des aides agricoles, mais aussi, par exemple, l’évolution des installations, l’exportation des produits agricoles et alimentaires, l’impact de l’agriculture sur l’environnement et, pourquoi pas… le revenu agricole ?