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Distribution/Stratégie Coop Alsace ferme dix magasins de proximité et vise l’équilibre en 2011

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Si Coop Alsace a réussi à relancer ses hypermarchés en s’alliant avec Leclerc et en optant pour cette enseigne (qui a succédé à Rond Point), il perd de l’argent sur le format de proximité. Et les profits des autres circuits (hypermarchés et gros supermarchés) suffiront tout juste à atteindre l’équilibre en 2011.

Avec 17 % de part de marché tous formats confondus, Coop Alsace se présente comme le premier distributeur en Alsace. Sur le format de proximité, le groupe coopératif atteint même une part de marché de 80 %. Seulement voilà, c’est aussi sur ce format que le distributeur souffre le plus. La perte nette du groupe a atteint 16 M EUR en 2009 pour 746 M EUR de chiffre d’affaires (et 3 800 personnes). En 2010, elle devrait être réduite à – 3 M EUR (pour un chiffre d’affaires en hausse de 1 %), avant un retour à l’équilibre prévu pour 2011.
Pour expliquer les mauvais résultats 2009, Denis Fischer, qui vient de prendre la suite d’Yves Zehr à la présidence du groupe évoque les effets de la LME ainsi que le changement de centrale d’achat et d’enseignes (les hypermarchés Rond Point sont devenus Leclerc suite à l’accord conclu en juin 2008) qui ont généré des résultats d’inventaires « catastrophiques ».

Le format de proximité à la peine
Si le changement d’enseignes a permis de booster le chiffre d’affaires des hypermarchés et d’améliorer encore leurs résultats, Coop Alsace a fort à faire avec le format de proximité, qui compte de nombreux petits points de vente vieillissants. Autrement dit, l’an prochain, les profits des hypermarchés et gros supermarchés suffiront tout juste à compenser les pertes du réseau de proximité. A ce sujet, Denis Fischer admet que « la moitié des magasins est à l’équilibre et l’autre moitié accuse des pertes ». Devant l’impossibilité de rénover dix d’entre eux, c’est l’option de la fermeture qui a été retenue. Pour trois autres, c’est le sursis, avec un point d’étape prévu début 2011.
Le format proximité et les gros supermarchés comptent chacun pour 20 % du chiffre d’affaires avec respectivement 180 et 28 points de vente, tandis que les six hypermarchés génèrent 60 % du chiffre d’affaires. « Le magasin de proximité est bien souvent devenu un magasin de dépannage ce qui n’est pas viable pour une surface de 200 m2. Quant aux petites surfaces de 50 m2, elles s’en sortent en milieu rural si elles n’ont pas de concurrence à proximité. » Le parc doit donc être adapté à son environnement concurrentiel, avec par exemple des transferts sur des surfaces plus importantes. Actuellement, la moitié des points de vente (90) fait moins de 100 m2 et 45 magasins seulement dépassent les 400 m2.