Même s’il y a fort à parier que les émeutes de la faim dans les pays les plus vulnérables seront assez vite oubliées – la vie et les affaires continuent ailleurs –, la logique de ces événements contraint à amorcer une réflexion sur la pertinence de grands projets actuels qui, jusqu’à maintenant, ressortaient comme des évidences, du moins pour les nantis. Prônée par l’OMC, la déréglementation des politiques agricoles, passage obligé pour... réglementer le commerce international, est-elle vraiment le moyen de mieux garantir l’approvisionnement de tous, d’atteindre l’objectif de négociations multilatérales lancées pourtant sous l’étiquette « Programme de Doha pour le développement » ? Pourquoi la spéculation et les écarts de taux de change sont-ils oubliés dans ces marchandages ? Les biocarburants, du moins ceux de première génération, ne font-ils pas tache dans le contexte actuel de crise alimentaire due à l’envolée des prix des denrées ? En Europe, la Pac doit-elle totalement se déshabiller pour passer un bilan de santé qui, dans les circonstances présentes, paraît bien dérisoire ? Les questions sont faciles à poser. Il est tout aussi aisé de les éluder et d’attendre un « retour à la normale ».
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