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Banque Crédit agricole défend sa volonté de financement de l’économie

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Les Caisses Régionales de Crédit Agricole ont enregistré une progression de leurs encours de crédit de 4,1%, pour atteindre 391 milliards d’euros. Les crédits nouveaux ont progressé de 1,6% et ont totalisé 69 milliards. L’agriculture et les industries alimentaires ont bénéficié de 6,272 milliards de nouvelles ouvertures, soit une progression de 6%. Un financement soutenu pour ce secteur et qui va se poursuivre pour parachever la mise en place au sein de Crédit Agricole SA d’une structure dédiée, associant plus étroitement agriculture et agroalimentaire au sein des caisses régionales. Une fonction de conseil sera créée au sein de chaque caisse régionale, uniquement dédiée à la filière. La banque réaffirme sa volonté de rester le partenaire financier de référence du secteur agricole et alimentaire et conforter sa place de leader avec 40 % de part de marché.

En 2011, « face à une croissance molle, voire atone », les caisses régionales ont réalisé un produit net bancaire, qui est l’équivalent de la valeur ajoutée entre les produits et charges d’exploitation, en progression de 1,79% à 14,25 milliards d’euros. Des charges de fonctionnement modérées, que traduit un coefficient d’exploitation de 52,3%, associées à une bonne maîtrise des risques de crédit (2,36% de créances douteuses, provisionnées à plus des 2/3) ont permis de dégager un résultat net de 4,1 milliards. Ce sont « les meilleurs résultats jamais dégagés », a souligné Dominique Lefebvre, président de la FNCA. De quoi atténuer le fait que la banque Crédit Agricole SA, entité cotée du groupe Crédit Agricole, a annoncé pour 2011 une perte nette de 1,47 milliard d’euros, creusée par la Grèce, le plan d’adaptation engagé à l’automne et plusieurs dépréciations d’écarts d’acquisition et fait part, en conséquence de ne pas distribuer de dividendes aux caisses qui sont actionnaires à hauteur de 56,3%. « Les dividendes sont d’environ 600 millions d’euros. Toutes choses étant égales par ailleurs, l’impact sera du même ordre sur notre résultat net car, lorsque les dividendes de Crédit Agricole SA nous arrivent, ils ont déjà été soumis à l’impôt », a évalué le dirigeant de la FNCA. Malgré cet avatar, les caisses ont pu poursuivre leur politique de conservation du résultat afin de renforcer leurs fonds propres et les porter à 56,1 milliards en fin d’année.

Ne pas brider l’investissement
Cette constitution de fonds propres suffisants a toujours été au cœur des préoccupations de la banque verte. Elle trouve, dès lors, assez injustes et pour le moins inappropriées à son cas, les contraintes réglementaires qui vont prochainement, selon des projets en cours, s’imposer aux banques. Celles-ci concernent une exigence plus grande en termes de fonds propres, avec un calendrier plus court de 5 ans pour arriver aux seuils minima requis, et un nouveau mode de calcul du ratio de liquidité à court terme (LCR). « C’est au moment où l’on nous demande davantage de souplesse pour financer l’économie, qu’on nous impose des ratios de solvabilité plus stricts », déplore Philippe Marsac. Les réticences vis-à-vis du projet de réforme Vickers sont tout aussi marquées. Celui-ci vise, à la demande des pays anglo-saxons, de séparer plus nettement les activités de banque de détail de celles de financement. Un modèle que la banque verte pratique depuis les origines et qui a cependant ses limites. « Il est saugrenu de vouloir appliquer les mêmes règles à la caisse régionale de Franche Comté que celles de la Morgan Stanley », ironise Dominique Lefebvre. De plus, « il consacre un zéro pointé aux marchés, car loin de mettre son épargne dans des banques casino, le Crédit Agricole a davantage besoin d’emprunter que de prêter » pour financer les territoires et activités professionnelles. Il évalue les besoins de la banque entre 80 à 90 milliards d’euros par an. La banque fera part de ses réserves lors du congrès mondial des coopératives européennes en octobre prochain à Bruxelles. Elle compte sur le soutien de ses homologues, dont Crédit Mutuel et BPCE, pour la France, afin de répondre à cette volonté affichée par les régulateurs d’imposer un modèle anglo-saxon qui briderait leur effort pour soutenir l’investissement.

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