Cristal Union – dont le socle coopératif s’est élargi avec l’arrivée de nouveaux coopérateurs – a bien « digéré » ses nouvelles acquisitions. Le 5e sucrier européen, et 2e sucrier français, a bénéficié à la fois d’une conjoncture extrêmement favorable du marché du sucre et d’une campagne betteravière exceptionnelle. Comme ses confrères, le groupe a également tourné la page de la restructuration de la filière européenne. À court terme, l’horizon s’obscurcit cependant et le marché du sucre risque bien de se retourner dans les mois qui viennent, ce qui incitent les dirigeants du 15e groupe coopératif français à investir encore plus dans l’amélioration de la compétitivité de leurs outils industriels répartis de « façon équilibrée » sur tout le territoire français.
Les sucriers ne connaissent pas la crise ! Plongés dans une morosité économique ambiante, face à un contexte de volatilité des matières premières et de grandes fluctuations des cours des monnaies, les groupes sucriers français affichent des résultats records, démontrant ainsi qu’ils ont tourné la page de la restructuration de l’industrie sucrière.
Les résultats présentés par Tereos l’ont démontré en janvier dernier. Il en est de même pour ceux de Cristal Union qui réunissait son assemblée générale le 5 mars dernier à Reims chargée d’approuver les comptes clos au 30 septembre 2012.
Le 5e sucrier européen et numéro 2 français enregistre la meilleure performance de sa toute jeune histoire, marquée en janvier 2012 par l’acquisition de son concurrent La Vermandoise ainsi que par celle de la sucrerie de Bourdon quelques semaines plus tard. Il a en outre bénéficié d’une campagne betteravière exceptionnelle.
Ces deux acquisitions récentes, qui élargissent le socle coopératif de Cristal Union, représentent « un changement de périmètre majeur » pour ce groupe qui dispose dé-sormais de 35,1% des quotas français juste derrière Tereos (40,2%) et loin devant Saint Louis Sucre (20,5%).
87% des planteurs de La Vermandoise ont ainsi adhéré au projet coopératif de Cristal Union. « On ne désespère pas d’arriver à 95% ! », a lancé Olivier de Bohan, le nouveau président du groupe depuis mars 2011 qui reconnaît que Cristal Union doit « encore se structurer dans un contexte général où les réformes vont s’enchaîner (OCM Sucre, PAC..) ».
Une vraie sérénité
Les comptes consolidés au 30 septembre 2012, et qui ne reprennent que 8 mois d’activité des deux acquisitions, ne traduisent cependant pas « l’expression de ce nouveau périmètre », soulignait Jean François Javoy, secrétaire général en charge des finances.
Néanmoins, le chiffre d’affaires du groupe (incluant l’activité des filiales) progresse de 44,5% à 1,758 milliard d’euros (61% provenant du sucre et 23% de l’alcool),
l’EBITDA passant de 150M€ à 306 M€ et le résultat net s’affichant à 196M€ contre 90,2M€ lors du dernier exercice.
Malgré ses récentes acquisitions (le montant offert à La Vermandoise représentait 7 fois son excédent brut), Cristal Union affiche une vraie sérénité pour sa situation financière : « Nous avons renforcé notre fond de roulement (186M€ contre 84M€) et notre ratio de capacité de remboursement de la dette est de 2 ans contre 1,6, ce qui signifie que nos comptes n’ont été que très peu touchés par la reprise de La Vermandoise », précisait Jean-François Javoy.
Dans la course européenne
Mais le groupe affiche néanmoins une certaine prudence face à l’avenir immédiat.
« On sort d’une période euphorique et on rentre dans une période où les excédents de sucre vont peser », a souligné Alain Commissaire, directeur général. Pour Olivier de Bohan, « ces chiffres peuvent masquer certaines réalités et c’est à nous d’anticiper ». « Il s’agit d’accroître notre performance tant au niveau des exploitations qu’au niveau des outils industriels du groupe », poursuivait-il.
Pour la campagne 2012-2013, Cristal Union va investir 60M€ pour accroître encore un peu plus sa productivité, principalement en matière d’amélioration de son efficacité énergétique et de l’évolution du mix énergétique de ses outils industriels. « Le groupe a comme objectif de réduire sa consommation énergétique de 10% à l’horizon 2020. De 2010 à 2012, nous avons déjà fait la moitié du chemin », a précisé Maurice Lombard, le directeur industriel du groupe tout en précisant que Cristal Union était dans « les meilleurs standards de l’industrie sucrière européenne ».
Cristal Union, qui avait acquis la totalité du capital de La Vermandoise devrait céder d’ici la fin du mois une partie de ce capital à ses coopérateurs, « une opération qui s’étalera sur les cinq prochaines années », selon Alain Commissaire.
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