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Additifs/Nouveau produit Danisco met des fibres à toutes les sauces

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Le groupe danois Danisco (167 millions d’euros de CA, en hausse de 8,8%) propose aux industriels de l’agroalimentaire, via sa filiale Danisco Sweeteners (31 millions de CA) un additif très peu calorique et riche en fibres à hauteur de 85-90%, le Litesse. Principale qualité de cet ingrédient : sa très bonne tolérance journalière, qui permet un ajout de fibres significatif aux aliments. Depuis octobre 2004, la reconnaissance du statut de fibre de polydextrose par la DGCCRF offre même à ses utilisateurs la possibilité d’étiqueter « riche en fibres » leurs produits. Polyvalent et soluble, le Litesse est un agent de masse qui peut se retrouver dans tout type de denrées.

Un sachet de sucreries étiqueté « riche en fibres », il y aurait de quoi en perdre son latin. Les sociétés conceptrices et productrices d’additifs rendent pourtant cette incohérence possible. Avec le Litesse, le groupe agroalimentaire diversifié Danisco se revendique à la pointe des « polydextroses », ces additifs qui rendent « light » nos aliments de tous les jours. Composé à 85-90% de fibres pour une calorie dans un gramme, cet ingrédient possède un atout particulier : sa très bonne tolérance par l’organisme, à 90 grammes en prise journalière et 50 grammes en une seule prise, soit deux fois plus élevée que celle des polyols. Tout risque de problème gastro-intestinaux suite à des surdoses devient très improbable. Grâce à cet ingrédient, les industriels de l’agroalimentaire peuvent augmenter fortement la quantité de fibres dans leurs aliments, et répondre aux nouvelles exigences diététiques du consommateur. Si l’ingrédient existe depuis 1987, sa reconnaissance en octobre 2004 comme « fibre de polydextrose » par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) offre à Danisco l’occasion de proposer une nouvelle valeur ajoutée à ses clients, libres dorénavant d’indiquer « source de fibres » ou « riche en fibres » sur l’étiquette de leurs produits, en fonction des quantités utilisées. Un nouvel argument marketing qui justifie un rééchelonnage des prix à tous les niveaux de la chaîne.

Agent de masse

Produit par Danisco Sweeteners, filiale du groupe danois et numéro un mondial des producteurs d’émulsifiants (31 millions de chiffre d’affaires) le Litesse n’est pas « métabolisé dans la partie haute de l’intestin, mais fermenté très lentement dans le colon, explique la société, et contribue à un meilleur bien-être digestif ». Danisco se positionne ainsi sur un créneau santé/nutrition pour mettre à mal l’image négative des additifs, ces «produits chimiques» tant décriés par nos grand-mères. Le spécialiste des édulcorants voit dans son produit une solution pour relancer la consommation de fibres « qui se heurte à des problèmes de goût et de comportement de la population ».

« Incolore », « au goût neutre », « amorphe » (qui empêche la crisallisation), et « très stable », le Litesse serait de surcroît très polyvalent : sous forme de poudre ou liquide, vendu « incorporable à tous types de produits », sa deuxième valeur ajoutée tiendrait dans sa très bonne stabilité qui en fait un agent de masse. Du chocolat au biscuit en passant par la crème glacée et les confiseries, les emballages devraient progressivement afficher du « riche en fibres » tous azimuts, jusqu’à l’eau minérale même, un segment appelé à se développer. Danone y a déjà converti ses produits « Taillefine », Nestlé sa crème glacée « Sveltesse ». Danisco, qui consacre 5% de son chiffre d’affaires annuel (167 millions d’euros, en hausse de 8,8%) à la « recherche et développement », souligne également que son Litesse conserve les qualités organoleptiques des produits. De là à imaginer du vin de table étiqueté « source de fibres », il n’y a qu’un pas.