Un mois de plus, un mois de moins, à l’échelle des nombreux semestres qu’il a fallu pour promettre, puis préparer, débattre et enfin voter la réforme de la loi Galland, c’est peu de chose. Mais pour les protagonistes, fixer au 15 février ou au 15 mars la clôture des négociations commerciales 2006 n’est pas neutre. Les distributeurs, on les comprend, ont été si peu satisfaits de la réforme qu’ils ont pu traîner les pieds. Tout en stigmatisant le retard avec lequel les industriels leur ont transmis leurs conditions tarifaires. Du coup, fin janvier, la FCD demandait au ministre une prolongation jusqu’au 15 mars pour signer des contrats de coopération commerciale, de peur de voir tomber les sanctions pécuniaires prévues par la loi en cas de dépassement du délai. Réponse gênée de Renaud Dutreil: «Il n’appartient pas au ministre de modifier une loi». Mais il donne instruction à ses services d’avoir de la «compréhension» pour les enseignes qui démontreraient avoir reçu des tarifs trop tardivement. Pareille consigne scandalise les fournisseurs: «Trois mois de négociations, c’est suffisant» pour Jean-René Buisson. Et, enchaîne l’Ilec, il ne faudrait pas en revenir à «la négociation permanente, aux demandes récurrentes d’avantages rétroactifs» qui sont précisément les travers que la réforme visait à empêcher. Il ne reste plus aux distributeurs qu’à prendre le consommateur à témoin: certains s’y essaient comme Michel-Edouard Leclerc pour qui «le temps joue en faveur de la baisse de prix». Par rapport à leurs prétentions de départ, les industriels finissent par négocier des tarifs plus acceptables, suggère-t-il: le tout est de prendre le temps.

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