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David Thual, porte-parole d’Origin (1), à Bruxelles « Cette réforme n’est pas satisfaisante »

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Agra alimentation - Êtes-vous satisfait de la réforme des appellations adoptée cette semaine ?

David Thual. Cette réforme n’est pas pleinement satisfaisante. Nous sommes favorables à l’ouverture du système. Mais nous ne sommes pas enthousiastes face à la simplification des procédures. Nous souhaitions un renforcement des procédures communautaires lors de l’examen des demandes d’enregistrement pour assurer plus de cohérence du système. Or, ce sont les Etats membres qui analyseront la conformité du cahier des charges avec la réglementation européenne ; la Commission européenne se basera sur un simple résumé des dossiers pour prendre sa décision.

– Qu’auriez-vous souhaité ?

– Nous aurions voulu la création d’une agence européenne des appellations géographiques capable de faire face au nombre croissant de demandes d’enregistrement. Il aurait fallu aussi que la réforme apporte des réponses à l’absence de cadre légal pour la création d’appellations pour tous les produits agricoles mais aussi pour les produits artisanaux. Enfin, les producteurs membres d’OriGIn regrettent que rien n’ait été fait pour régler le problème des noms d’indications utilisés comme ingrédient, ni pour assurer une bonne différenciation entre les logos AOP, IGP et STG.

– Croyez-vous à une déferlante de demandes des pays tiers ?

– En réalité, le système européen est déjà ouvert depuis près de deux ans et seule une demande, celle du café de Colombie, a été déposée. D’autres dossiers sont en préparation. Mais quelle que soit la réglementation, un dossier d’appellation pour un pays tiers nécessite un travail dans le pays d’origine et un accompagnement politique. Il ne faut donc pas craindre une déferlante !

(1) Origin est un réseau international des producteurs d’indications géographiques présent dans une trentaine de pays dans le monde.