Abonné

De la LME à la LMA

- - 2 min

Quelles remises en cause est-on prêt à faire au moment où l’on « fête » le 3è anniversaire de la crise des matières premières et le premier de la chute de Lehmann Brothers ? Ne voir aucun lien entre les deux, nier l’enchaînement infernal qui a mené à la crise financière puis à celle du crédit avant d’aboutir à la crise économique d’aujourd’hui serait déjà signe d’aveuglement. Et à trop guetter les indices de sortie de crise, on ne risque pas d’être plus raisonnable. Comme le montre, grâce à son expérience de la filière blé, le patron de Nutrixo, les marchés de matières premières agricoles restent immatures et dès lors qu’on les laisse faire le yoyo, il faut surtout se préparer à essuyer une crise plus grave encore un de ces jours. La déprime actuelle sur le blé – et le raisonnement vaudrait pour le lait – n’est pas meilleure que sa flambée de 2006 pour les relations inter-entreprises et les comptes d’exploitation à quelque stade qu’on soit dans la filière. Et surtout quand la consommation n’est pas florissante. Les protagonistes que réunit Bruno Le Maire sur le dossier laitier le 1er octobre le savent, mais sont-ils prêts à raisonner à moins court terme qu’hier ? La régulation que le ministre, à travers sa loi de modernisation (LMA), voudrait inventer – mais qui ne ressemblerait pas aux quotas d’avant-hier – paraîtra en tout cas fort étrange quelques mois après l’adoption de la LME dont le maître mot était quand même la libre négociabilité, loin du regard de l’Etat, entre les acheteurs de la distribution et leurs fournisseurs !

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

crise économique
Suivi
Suivre