La pression sur les marges de l’industrie alimentaire à laquelle contribue la mauvaise application de la LME tombe bien mal puisque ses coûts de production sont à nouveau très tendus. L’ANIA fait ainsi dans son dernier « Flash » un judicieux rappel sur la forte flambée des prix des matières premières de 2007 et 2008, qui avait entraîné d’importantes hausses de coûts de revient des IAA.
Cet événement, dont personne n’avait prévu l’ampleur, a marqué le début d’une volatilité incontrôlable et imprévisible, indique le lobby industriel… Comment anticiper ces hausses, quels outils mettre en place pour éviter des fluctuations trop violentes ? Des questions que tous les acteurs se posent et sur lesquelles l’Ania dit se pencher de très près.
A partir de mi-2008, quelques mois après la baisse des prix des matières premières, les entreprises agroalimentaires ont immédiatement baissé d’autant leurs prix de vente (ils ont chuté de plus de 7 % sur 2009)… Les prix dans la grande distribution, eux, sont restés stables.
Mais « la tempête connue en 2007 pourrait bien repartir, note l’Ania. Entre la baisse actuelle de l’euro et l’embargo mis en place par la Russie sur les céréales, l’industrie est déjà confrontée à une nouvelle vague de hausse. Nos coûts de revient connaîtront donc une augmentation proportionnelle, parfois pouvant être décalée de 3 à 6 mois suivant le marché de l’industrie et ses conditions d’approvisionnement ».Une partie des marchés étant cotée en dollars, il en résulte une tendance haussière en euro notamment sur le café, les huiles végétales, le cacao, les fruits secs (amandes et noisettes). D’autant que la crise financière a plus que fragilisé la confiance dans les marchés financiers « classiques », mettant l’accent sur les marchés agricoles. Dans ce contexte, la spéculation pourrait être plus importante encore qu’en 2007, redoutent les industriels. Quant à la Russie, il suffit de rappeler qu’en 2009, elle était le troisième exportateur de blé pour comprendre les dégâts que peut poser un embargo.
« La question aujourd’hui, selon l’Ania, n’est donc plus, comme il y a quelques mois, de savoir si l’on va connaître une nouvelle tendance haussière généralisée ; elle est plutôt de savoir comment les industries agroalimentaires, qui ont ou vont devoir faire face à une hausse de leurs coûts de revient, pourront faire passer ces charges supplémentaires auprès de la grande distribution. D’autant plus que l’année 2009 a vu les marges des industriels chuter de un point ».
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