Renforcé financièrement, le groupe Panavi ne se contente pas d’investir dans des outils nouveaux, il prend le parti de la croissance externe en reprenant coup sur coup une affaire en Espagne et l’activité viennoiserie de Délices de la Tour, la filiale française de CSM.
Le groupe Panavi, qui a levé des fonds importants, ne va pas rester longtemps l’arme au pied. Il avait annoncé fin 2006 un processus de recapitalisation à hauteur de 100 millions d’euros d’ici 18 mois, avec un double objectif : assurer son développement accéléré dans le pain et la viennoiserie dans l’Hexagone et entamer un processus d’internationalisation qui n’en était qu’aux premiers balbutiements. Ses besoins de capacités nouvelles devaient se traduire par la construction de trois usines quasi simultanément mais ils l’amènent maintenant à procéder à des acquisitions.
L’entreprise de Torcé (Ille-et-Vilaine), contrôlée par René Ruello, son fondateur, aux côtés des financiers Fortis et Financière Rothschild, n’a pas tardé en effet à concrétiser ses intentions : elle est en train de racheter l’activité viennoiserie de Délices de la Tour près du Mans ainsi qu’une affaire en Espagne, la Companya General Patissera à Moia, près de Barcelone. De quoi relever d’un coup son chiffre d’affaires qui se situait en 2006 à 230 millions d’euros (contre 212 M EUR en 2005).
La direction de Panavi n’est pourtant pas pressée de pavoiser, elle souhaite attendre d’avoir finalisé ces opérations pour en dire davantage et en préciser l’impact sur son organisation et sa stratégie future. En revanche, l’actionnaire de Délices de la Tour, le néerlandais CSM ayant les obligations des sociétés cotées, a déjà fait état des décisions prises et qui consistent une fois encore à délester sa filiale française pour en améliorer les performances. Après avoir quitté en 2000 le giron d’Unilever, Délices de la Tour a déjà dû fermer en 2005 deux de ses quatre usines, arrêtant dès lors ses activités de confiserie et de fabrication de pain blanc Cf Agra alimentation n° 1950 du 16.11.06, p.27. A présent, suite aux nouvelles orientations prises cet été par le groupe CSM, c’est l’engagement de Délices de la Tour dans la viennoiserie qui a été remis en cause.
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Un supplément de chiffre d’affaires de 25 M EUR
L’entreprise qui conserve sa raison sociale et son siège du Pecq (Yvelines) jette l’éponge dans le métier de la viennoiserie pour se concentrer sur ses fabrications de pains spéciaux dans lesquelles elle a beaucoup investi. Un accord sur ce point a été trouvé entre le groupe néerlandais CSM et le groupe rennais Panavi dont les positions sont déjà notables dans cette activité (38 % du marché de la viennoiserie crue) : le groupe de René Ruello rachète donc pour un montant de 15 millions d’euros la partie viennoiserie du fonds de commerce de Délices de la Tour et l’usine dédiée à ces fabrications (d’une capacité de 25 000 t) à Neuville-sur-Sarthe près du Mans. Cet ensemble employant 130 personnes a réalisé l’an dernier 25 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 17 000 t vendues, soit 200 millions d’unités produites en viennoiseries crues surgelées (croissants, pain au chocolat,…) et en beignets.
Ainsi Délices de la Tour, qui mise sur son seul outil industriel de Maubeuge, sera complètement recentré sur un marché moins bataillé et plus haut de gamme, celui des pains spéciaux précuits sur sole de pierre dont le développement est très prometteur (de 20 % du précuit surgelé aujourd’hui, il en représenterait le tiers à l’horizon 2010).