En se rebaptisant Les Poissonniers Delmas, la marque de Delpeyrat veut accompagner le développement des ventes de poisson au rayon traiteur libre-service. Elle cherche à valoriser ses ventes de truites et à sécuriser ses approvisionnements.
Opération valorisation pour Delmas. La marque de poisson, qui partage son activité entre les ventes de poisson en grandes surfaces aux bancs de marée et au rayon libre-service, veut profiter au mieux des tendances de consommations actuelles. Pour cela, elle vient de prendre plusieurs décisions. D’abord, elle modifie légèrement sa marque qui devient Les poissonniers Delmas au lieu de Delmas Poissons et Marée. L’idée consiste à retrouver au rayon libre-service les conseils d’un poissonnier. « Cela nous permet de mettre l’accent sur un élément de réassurance très important pour nos clients », explique Jean-Philippe Moreau, directeur marketing des Poissonniers Delmas. Les emballages ont été refaits dans le même esprit afin de privilégier l’usage, la praticité et la traçabilité, notamment à l’aide d’informations disponibles à partir d’un QR code. Les recettes ont aussi été revues en supprimant les poissons en sauce, les injections de saumure et les conservateurs.
Répondre à la montée en puissance du libre-service
L’industriel souhaite surtout profiter au mieux des nouvelles tendances de consommation. D’abord en mettant l’accent sur le rayon libre-service qui est en croissance par rapport au banc de marée : « Les achats de poissons se sont faits à 22 % en libre-service en 2016 contre 20 % en 2015 », rappelle Jean-Philippe Moreau. Le rayon se valorise aussi : Delmas a ainsi abandonné les barquettes en polystyrène au profit de barquettes transparentes qui mettent mieux en valeur le produit.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La truite fraîche occupe une place de choix dans cette stratégie. « La truite est vue comme une alternative au saumon, elle est produite localement et a une bonne traçabilité », souligne Jean-Philippe Moreau. Delmas bénéficie de cette dynamique en produisant 2 300 tonnes par an sur un marché estimé à 6 000 tonnes, en progression de 13 % l’année dernière. C’est le premier opérateur de ce produit. Pour assurer son approvisionnement, Delmas mise sur une filière de truite des Pyrénées espagnoles, la même que sa maison mère Delpeyrat. « Les truites arrivent à l’usine de Castets, dans les Landes, où elles sont préparées pour Delmas ou fumées pour Delpeyrat », explique Jean-Philippe Moreau.
Confronté à une matière première limitée, Delmas choisit la valorisation
« Cette année, l’enjeu n’est pas tant d’augmenter les volumes car la ressource manque, mais plutôt de valoriser au mieux la truite en déclinant les présentations et les usages » poursuit-il. Pour améliorer son approvisionnement, Delmas a investi en 2015 dans une entreprise d’alimentation pour truites, Aqualia, basée à Roquefort, dans les Landes, à 50/50 avec la coopérative de production de truites Aqualande. Cette dernière est détenue pour moitié par le concurrent Labeyrie, nourrissant lui aussi des ambitions dans la truite (Agra Alimentation du 9 juin 2016). Pour répondre à cette demande marché, Delmas a investi dans son site de Castets au cours de l’exercice en cours (clos le 30 juin 2017) pour des machines de tranchage (tartares et les aides culinaires) et d’étiquetage (QR code). L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires (départ usines) de 77 millions d’euros en 2015/2016 pour 10 000 tonnes de produit fini. 60 % de l’activité sont réalisés grâce aux poissons d’élevage et 40 % aux poissons de pêche. Ces derniers sont transformés sur le site de Boulogne-sur-Mer, la deuxième usine de Delmas.