Les demi-soldes ont été un danger après l’Empire, les licenciements, mises au chômage technique et autres suppressions de bonus peuvent l’être aujourd’hui même si les nom-breux conflits sociaux, curieusement, demeurent localisés. Il en va autrement quand les éleveurs voient leur paye de lait amputée sans discussion de 30% pour retomber à son niveau d’il y a 20 ans. Le trouble est tel dans les campagnes qu’il rejaillit au QG des grands groupes industriels et aux abords du Conseil agricole européen à Bruxelles. Au point que Bel ou Bongrain plaident maintenant pour un retour à une négociation nationale que l’ensemble des transformateurs, coopératives y compris, écartaient sans mal jusqu’ici puisqu’elle était déclarée illégale par la DGCCRF. Tout laissait prévoir l’explosion depuis que la dérégulation de la PAC désarme les opérateurs face à l’extrême et inédite volatilité des cours du beurre et de la poudre. Sans doute bien des congrès ont esquissé un autre système, la contractualisation par exemple, mais l’inaction l’a finalement emporté. Celle du gouvernement n’aura fait que jeter de l’huile sur le feu, sa nouvelle invite à négocier persiste envers et contre tous à prôner l’échelon des régions et le fait qu’il nomme maintenant deux médiateurs ne donne pas deux fois plus de chance de trouver une solution durable. Qu’elles croient ou non à la menace d’une grève européenne du lait, les entreprises savent désormais ce qu’il faut penser de la dérégulation et combien leur « sourcing » devient leur atout stratégique n°1. Et cela vaut maintenant pour bien d’autres secteurs de l’alimentaire.
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