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Députés gourmands

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Les députés se sont fait une gâterie en votant par surprise une réduction du taux de TVA sur les bonbons de chocolat. Ils ont dû penser faire une bonne œuvre au profit d’industriels et d’artisans sympathiques et de chacun des gourmands que nous sommes et relancer, par une mesure propre à faciliter les baisses de prix tant réclamées par plusieurs ministres successifs, tout un secteur qui procure sûrement des emplois et en tout cas des débouchés aux pays pauvres. En ces temps de chasse aux kilos superflus, de démontage des distributeurs dans les écoles et de campagnes prohibitionnistes, ne boudons pas notre plaisir même si cela est au détriment d’un peu de recettes de l’Etat. Nos élus savaient-ils quand même, en cette folle nuit où ils n’arrivaient pas à se passionner pour les exonérations d’ISF, que la TVA reste à 19,6% sur l’essentiel des produits de chocolat et en particulier sur ceux qui faisaient le goûter de notre enfance? La tablette au lait est toujours taxée comme les produits de luxe de même que la barre chocolatée pour les mordus du grignotage, tandis que les chocolats de Noël pour les cadeaux de prestige sont considérés comme des produits courants à taux réduit de TVA …à l’instar du champagne, du caviar ou du foie gras d’ailleurs. Timide, la réforme montre le bon chemin, dira-t-on. C’est là un trait dominant ces temps-ci en bien d’autres domaines: que l’on considère la chasse aux marges arrière à laquelle veut contribuer la loi Jacob assortie de son mode d’emploi signé Laurent Dutreil; ou bien, pour en rester aux textes les plus attendus par les filières agroalimentaires, la Loi d’orientation agricole au contenu si ténu (par rapport aux attentes) après son premier passage à l’Assemblée.