En redressement judiciaire depuis octobre dernier, la brasserie Schutzenberger devrait être mise en liquidation judiciaire d’ici un mois. Mais le comité d’entreprise et la direction ont chacun fait appel à la décision de la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg. Figurant parmi les derniers brasseurs historiques d’Alsace, l’établissement, victime du contexte économique difficile, emploie près de 180 personnes pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 millions d’euros.
La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg, a prononcé un jugement de mise en liquidation judiciaire de la brasserie Schutzenberger. « C’est une aventure de 270 années d’existence qui se termine », regrette, déçu, Jean-Marc Doerr, délégué du personnel de la société. « On ne s’attendait franchement pas à ce résultat. Nous pensions au moins que les juges allaient sauvegarder les emplois mais là, ils ne nous laissent aucune chance », déplore-t-il.
Le C.E. fait appel
Mais les choses pourraient ne pas en rester là. Le comité d’entreprise (CE) de la brasserie a décidé de faire appel au jugement. Tout comme la p.-d.g. de l’établissement, Marie-Lorraine Muller. Actionnaire à hauteur de 55 %, la dirigeante, à la tête de la brasserie depuis 18 mois, considère « avoir les moyens de relancer l’activité ». « Nous avons un projet industriel qui consiste à investir 3,5 millions d’euros pour remplacer l’ancien outil, adapté aux grands volumes, par un autre beaucoup plus flexible », explique-t-elle. Cet investissement pècherait par un manque de précisions concernant les modalités de son financement. Parmi les projets de reprise, le plus favorable aux yeux du comité d’entreprise était jusqu’alors celui des associés Soprema et Irion, qui permettrait de sauvegarder 39 emplois sur 70 et de maintenir la pérennité du site.
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La date de la liquidation a été fixée par le tribunal au 19 mai, ce qui laisse à la brasserie un mois d’activité. Fondé en 1740, cet établissement emploie environ 70 personnes sur son site de Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg, et 110 autres dans ses fonds de commerce. En redressement judiciaire depuis octobre 2005, la brasserie Schutzenberger a vu sa production passer en cinq ans de 200 000 à 100 000 hectolitres, et son chiffre d’affaires annuel de 15 à 10 millions d’euros. Dans le paysage des brasseurs historiques alsaciens, Météor, basé à Hochfelden reste parmi les derniers survivants.