Les pépiniéristes comptent dans leurs stocks plusieurs millions d’euros d’arbres arrachés en vue des marchés publics du printemps. Les marges de manœuvre existent pour les replanter jusqu’en juin, mais en septembre « il sera trop tard », estime la FNPHP.
L’impact du confinement sur la filière du végétal d’ornement ne se limite pas aux fleurs à couper. Dans de nombreuses pépinières, des arbres avaient été arrachés pour les commandes des marchés publics du printemps. Or, ces chantiers ont été stoppés le 17 mars et de nombreux donneurs d’ordres n’ont pas encore donné l’autorisation de les reprendre, voire ont simplement annulé les plantations du printemps. Pourtant les paysagistes sont prêts à redémarrer ces chantiers. « En région parisienne, un projet immobilier a annulé une commande de 1 600 arbustes qui étaient déjà arrachés. On nous a également remonté l’annulation d’un semi-remorque pour Disneyland Paris et un autre pour une communauté de commune dans l’Est. Dans les deux cas, la moitié de la commande était déjà arrachée », énumère Thierry Roy, directeur adjoint de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières (FNPHP).
Résultat, plusieurs millions d’euros d’arbres arrachés sont en attente dans les pépinières. « La marge de manœuvre est plus importante que sur les fleurs à couper car ce ne sont pas des stocks à écouler dans les 24 ou 48 heures, mais ils restent en sursis. En septembre il sera trop tard », souligne Julien Legrix, directeur de la FNPHP. Les pépiniéristes souhaitent maintenant que les donneurs d’ordre soient incités à reprendre les chantiers pour éviter la destruction des végétaux.
« On sait mettre en place des végétaux jusqu’en juin »
Certains arbres pourraient également être replantés, mais cela engendrerait des coûts importants dans un contexte de baisse du chiffre d’affaires. D’autant que certaines commandes ont été annulées pour cause de période de plantation dépassée. Sur ce point, le directeur de la FNPHP insiste sur les techniques actuelles permettant de replanter des arbres plus tardivement. « Aujourd’hui on sait mettre en place des végétaux jusqu’en juin, voire début juillet, indique-t-il, le soin apporté à l’arbre après plantation est souvent plus important que la date. »
Face à la situation, la filière s’est mobilisée dans son ensemble. Certains paysagistes présents sur des marchés de particuliers peuvent proposer des arbres qui étaient destinés initialement à des marchés publics avec de petits volumes. « Ils appuient leur démarche sur l’argument du geste citoyen pour aider les pépiniéristes, mais aussi environnemental afin d’éviter de détruire des arbres », précise Julien Legrix. Mais aussi intéressante soit-elle, la démarche ne permettra pas d’écouler tous les stocks. « Quand vous avez des lots de chênes de 6 à 7 mètres, ça devient compliqué."
Plusieurs millions d’euros d’arbres arrachés sont en attente