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Aide au développement Des ONG européennes dénoncent l’impact des politiques de l’UE

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En exportant de la poudre de lait subventionnée vers l'Afrique sub-saharienne, ou en négligeant d'étudier l'impact de ses politiques sur les pays pauvres, l'UE détruit souvent d'une main ce qu'elle donne de l'autre en matière d'aide au développement, déplore un rapport publié le 7 novembre par une confédération d'ONG européennes.

Aujourd'hui encore, « beaucoup de politiques européennes sont incohérentes avec le développement économique » des pays pauvres, et « contribuent à défaire le bon travail réalisé en matière d'aide au développement », a déploré Laura Sullivan, d'ActionAid, à l'occasion de la présentation de ce rapport de la confédération d'ONG Concord.
Celui-ci cite en exemple les aides à l'exportation des produits laitiers, qui ont repris en 2009 à la faveur de la crise que traversait le secteur en Europe. « Elles ont permis, en 2010, une explosion de 62 % des exportations de poudre de lait européenne vers l'Afrique sub-saharienne », a assuré Laust Gregersen, de Concord Danemark.   

« Etre réalistes »
De même, le rapport affirme que l'objectif de 10 % d'énergies renouvelables dans les transports d'ici 2020 encourage les entreprises européennes de biocarburants à chercher des terres arables en Afrique ou ailleurs. Il cite le cas d'une compagnie italienne qui a finalement dû renoncer, suite aux pressions des ONG, à un projet d'acquisition de 50 000 hectares au Kenya qu'elle entendait louer 2 euros/ha/an pour y produire de l'huile de jatropha.
Les importations nettes de produits alimentaires de l'UE requièrent quelque 35 millions d'hectares de terres arables non européennes, « soit l'équivalent du territoire allemand », relèvent également les ONG.
Le rapport déplore que, sur les quelque 164 études d'impact réalisées par la Commission européenne entre 2009 et 2011 pour l'élaboration des législations de l’UE, seules sept se soient penchées sur les incidences en matière de développement, alors qu'au moins 77 concernaient des politiques qui avaient un impact sur les pays pauvres.
Consciente du problème, la Commission devrait publier au début du mois de décembre sa propre évaluation de la « Cohérence des politiques au service du développement » (CPD).
Invité à la présentation du rapport, Léonard Mizzi, de la direction générale de l'agriculture à la Commission, a souligné que la Pac s'attachait à l'occasion de ses réformes successives à réduire son impact sur les pays en développement. « Mais nous devons être réalistes », a-t-il souligné : « la CPD requiert une approche mondiale ». Faute de quoi, si les producteurs de poulets européens cessaient d'exporter à prix cassés vers l'Afrique de l'Ouest, « ceux d'Asie ou d'Amérique du Sud continueraient à le faire »

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