De ce discours de Rungis, il faut retenir le tour de force d’Emmanuel Macron de recueillir des réactions positives de tous bords, même si elles furent assorties de réserves du côté des producteurs. Seul l’UFC Que Choisir sort globalement insatisfait du discours, en particulier à cause du relèvement annoncé du seuil de revente à perte « une réponse inefficace, voire néfaste ».
Quelques instants après les déclarations d’Emmanuel Macron, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a acté la reprise de certaines mesures issues des États généraux de l’alimentation, « où nous retrouvons beaucoup des solutions que nous avons portées ». Christiane Lambert a cependant regretté certaines remarques « caricaturales » sur les filières d’exportation de porc et de poulet.
Le président de la Coordination rurale (CR) Bernard Lannes « signe tel quel le projet présenté », car il fixe, selon lui, un cadre permettant la concrétisation de sa revendication d’interdire l’achat à perte aux agriculteurs. Il a apprécié l’évocation des négociations de la future Pac. Toutefois dans un communiqué, la CR s’interroge sur les limites d’une montée en gamme dans le cadre « d’une politique nationale ouverte sur l’Europe, elle-même ouverte sur le monde ».
Le porte-parole de la Confédération paysanne Laurent Pinatel évoque « un discours à la hauteur », où il retrouve « beaucoup de choses que l’on porte depuis des années, notamment comment accompagner les producteurs à produire autrement ». Dans son communiqué, la Conf' évoque l’intégration des coûts de production comme une avancée majeure. Toutefois il se méfie de la place importante des interprofessions dans ce projet : « elles auront besoin d’être rénovées ».
Même le Modef doit « reconnaître », dans un communiqué, que « quelques-unes de nos revendications ont été reprises dont, un prix rémunérateur, fixé par la profession, la souveraineté alimentaire garantie tant en qualité qu’en quantité […] ». Toutefois, « les agriculteurs ne doivent pas être abandonnés et se débattre seuls pour sortir de l’emprise libérale », demande le Modef.
De même, la Fnab a qualifié le discours du président de la République « d’encourageant » dans un communiqué le 12 octobre. Il a cité l’agriculture bio à plusieurs reprises, relève Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab. Mais elle note un flou sur la forme que le nouveau soutien pour services environnementaux prendra ou encore de l’approche filière « décalée des réalités territoriales ».
Les chambres d’agriculture « saluent l’ambition » du discours. Elles relèvent en particulier la « contractualisation pluriannuelle à l’initiative des agriculteurs avec des prix fixés sur des indicateurs de coûts de production » et l’« encadrement par la loi des promotions et du relèvement du seuil de revente à perte ».
Le délégué général de la FCD (grande distribution) Jacques Creyssel accueille de son côté « de bonnes nouvelles correspondant à l’accord que nous avions avec les agriculteurs et la transformation ». Sur son blog, Michel-Edouard Leclerc s’est dit satisfait que le relèvement du seuil de revente à perte ne concerne que les produits alimentaires.
L’Ania (agroalimentaire) a salué dans un communiqué « un nouvel état d’esprit, une volonté commune de recréer de la valeur en mettant un terme à la guerre des prix ». « Une nouvelle page dans les relations entre les acteurs de la filière » s’ouvre avec « une contractualisation rénovée, le relèvement du seuil de revente à perte pour les produits alimentaires et l’encadrement des promotions ».
France Nature environnement (FNE) salue des annonces qui « vont dans le bon sens », notamment la promesse d’une loi au premier semestre, qui montre, selon FNE, « une volonté du gouvernement d’encadrer les suites de ces États généraux. »