On est sur le fil du rasoir. Les déçus de la loi Chatel – les distributeurs, pour faire court – croient encore obtenir, tôt ou tard, la négociabilité des CGV sur la foi des promesses de Nicolas Sarkozy même s’ils n’ont rien vu venir de précis lors de ses dernières annonces sur le pouvoir d’achat. Ont-ils besoin de cela pour baisser les prix ? c’est plus difficile pour eux de le démontrer, même s’ils s’y emploient. En revanche, la déconsommation ou l’abaissement de la qualité dont certains brandissent la menace, comme cela s’est dit aux tables-rondes de l’Atla ou de Coop de France ces jours-ci, sont des hypothèses plausibles. Mais elles ne peuvent émouvoir tout le monde au même degré. Les 5 milliards remis au consommateur par l’arrivée du triple net seront amputés de moitié par les hausses des matières premières. C’est le calcul avancé par Luc Chatel, une mathématique, à vrai dire, simpliste qui ne marchera pas avec certains fournisseurs : les filières agroalimentaires fragiles, les PME pour partie, et peut-être de plus grandes entreprises ne pourront répercuter les hausses et penseront se rattraper par les volumes. Fuite en avant ? Pas plus que celle que provoquerait la réforme radicale que revendiquent les plus grandes enseignes, en tout cas sur le terrain du maintien de l’emploi dans les territoires… L’arbitrage demeure difficile entre désertifier les campagnes, voir certains fabricants déserter les linéaires pour vendre ailleurs, ou rendre un peu trop désertes les allées des hypermarchés !