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Régime sucre Dix Etats européens défendent leur sucre

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En marge de l’examen par les ministres de l’Agriculture des Vingt-Cinq de la proposition de réforme du régime sucre de l’Union européenne, le 22 novembre, dix pays ont remis une lettre à la nouvelle commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, dans laquelle ils dénoncent le projet présenté en juillet dernier par Franz Fischler.

Les pays du Nord et du Sud de l’Europe ont pris la plume pour défendre leur production de sucre. Lors du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne, les 22 et 23 novembre, l’Espagne, l’Italie, la Lituanie, la Lettonie, l’Irlande, la Grèce, la Hongrie, le Portugal, la Slovénie et la Finlande ont remis à la nouvelle commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, une lettre qui dénonce les principes posés par le projet de réforme présenté en juillet dernier.

Concentrer les efforts sur la France et l’Allemagne

« La réforme doit avoir pour objectif de maintenir la distribution de betterave sucrière et la production de sucre sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne », insistent-ils. Les signataires estiment que le projet actuel « s’écarte des principes fondamentaux » de la Politique agricole commune. Pour le remettre dans le droit chemin, ils préconisent la mise en place d’un système d’importation des pays tiers qui assure des volumes d’importations « prévisibles et réguliers » ; une réduction du prix institutionnel du sucre « moins significative et plus graduelle » que celle envisagée en juillet. Enfin, ils souhaitent que les Etats membres exportateurs nets de sucre – la France et l’Allemagne – soient les plus affectés par la réduction des quotas de production. Ils s’opposent aussi fermement aux transferts de quotas entre les Etats membres.

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Revendications « difficiles »

Ces revendications ont semblé « difficiles» à satisfaire aux yeux de Mariann Fischer Boel. La commissaire n’arrêtera pas de proposition législative avant le printemps 2005, attendant que la procédure d’appel engagée par l’Union européenne aboutisse à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les aides accordées par l’Europe au secteur sucrier ont été condamnées par un panel de l’OMC après une plainte de l’Australie, du Brésil et de la Thaïlande. En revanche, « il est crucial d’avoir au moins un accord politique sur la réforme, de préférence avant que nous nous retrouvions à Hong Kong pour les négociations OMC en décembre de l’année prochaine», estime Mme Fischer Boel.

Le projet de réforme élaboré par M. Fischler prévoyait une baisse progressive d’un tiers des prix européens garantis d’ici fin 2007, trois fois plus élevés que les cours mondiaux, et une diminution des quotas de production, ramenés de 17,4 millions de tonnes par an à 14,6 millions en 2008/09.