L’écart entre le dire et le faire est parfois choquant : les gouvernements instaurent volontiers des instances de dialogue et disent en attendre une meilleure résolution des problèmes, mais ils ont tendance ensuite à les court-circuiter. On a vu les dégâts qu’a entraînés la décision soudaine de la DGCCRF d’interdire les négociations interprofessionnelles pour fixer un prix national du lait …jusqu’à ce que le ministre de l’Agriculture en fixe un lui-même. On ne sait si le prochain round laitier – qui commence cette semaine dans un contexte de possible retournement des cours mondiaux – pourra se passer autrement mais il faut du courage pour négocier dans cette ambiance. Surtout quand le même désaveu est donné à d’autres instances censées aplanir les difficultés à l’écart des pressions étatiques : on songe évidemment à la CEPC (commission d’examen des pratiques commerciales) que présidait feu Jean-Paul Charié mais qui ne semble plus exister dans l’esprit d’Hervé Novelli : le secrétaire d’Etat a en effet mis sa menace à exécution en assignant tous les distributeurs soupçonnés d’avoir imposé des clauses abusives dans leurs contrats avec les industriels. Au moment où démarrent les négociations 2010, on ne peut rêver mieux pour mettre de l’huile sur le feu et rendre la partie encore plus difficile à jouer pour les fournisseurs. Certes, la grande distribution pourra arguer de ses difficultés – nouvelles – à trouver de la rentabilité à partir d’un modèle économique qui commence à dater. L’hypermarché à la française ne marche plus et les redéploiements des enseignes sur du multi-format et de nouveaux canaux sont parmi les plus importants virages stratégiques du moment avec, bien sûr, le renforcement des offres à bas prix que recherche le consommateur depuis la crise. Un défi de plus pour les industries alimentaires !

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