Le président du directoire de Doux, Arnaud Marion, a organisé une conférence de presse, le 24 juin, pour couper court aux rumeurs de rachat du groupe par les industriels brésiliens JBS et Brasil Foods. Doux n'est pas à vendre, selon le dirigeant, qui se dit cependant ouvert à des « alliances et adossements ».
LE plus dur serait derrière Doux. C'est le message qu'a fait passer le président du directoire du groupe, Arnaud Marion, lors d'une conférence de presse téléphonique, le 24 juin, à la sortie d'un comité central d'entreprise. Il a réagi à la parution, notamment dans le quotidien Les Echos le 17 juin, d'articles qui se faisaient l'écho de l'intérêt des industriels brésiliens JBS et Brasil Foods pour le rachat du volailler français. « Le groupe Doux n'est pas à vendre. Il n'y a pas eu de sollicitation de notre part », a répété Arnaud Marion, qui s'est voulu rassurant sur la santé de son entreprise, qui transforme les poulets de près de 800 éleveurs de l'ouest de la France, concédant seulement que l'entreprise a traversé « la période la plus dure de son histoire depuis septembre ».
… « ouvert à des alliances »Le volailler, qui, contrairement à son concurrent Tilly-Sabco, n'a pas réduit ses volumes de production depuis l'arrêt des restitutions aux exportations, en juillet 2013, veut tordre le cou à l'idée qu'il ferait face à un mur de dettes, et rassurer sur la pérennité de son modèle économique. « Cette dette n'est pas très importante par rapport à notre chiffre d'affaires et notre niveau de rentabilité », explique Arnaud Marion.
S'il n'est pas à vendre, le volailler breton se dit ouvert aux discussions avec d'éventuels investisseurs. « Nous sommes ouverts à des alliances ou des adossements, précise Arnaud Marion. Nous avons suscité l'attention d'opérateurs français et étrangers. Des discussions sont entamées ». Le dirigeant a également proposé aux pouvoirs publics « un schéma de consolidation de la filière (grand export, ndlr) », incluant Tilly-Sabco, et impliquant l'investissement d'un « grand groupe céréalier », et de « partenaires financiers de l'environnement agroalimentaire ». « Pour des groupes qui pèsent plusieurs milliards de chiffre d'affaires, nous serions une diversification », explique Arnaud Marion.
« Le plus dur est derrière nous »Spécialiste des poulets congelés à destination du Moyen-Orient, Doux semble sûr de sa stratégie de redressement, basée notamment sur la diversification. Sur ses 500 millions d'euros de chiffres d'affaires, il en réalise aujourd'hui 145 million grâce aux produits élaborés, et 170 millions en Europe. Le dirigeant parie également sur le retour d'un « cycle de hausse des prix » du poulet export, dans les prochains mois. « Nous entrons dans la zone de prix cible sur laquelle notre business est basé, estime-t-il. La compétition mondiale reste importante, mais le plus dur est derrière nous ».
Le groupe Doux appartient toujours à 100% à la holding du financier Didier Calmels, depuis novembre 2013. Annoncée à la même période, l'arrivée de la société saoudienne Al-Munajem au capital de Doux ne s'est toujours pas concrétisée. En revanche, le saoudien dispose toujours d'une option pour acquérir 25% des parts du groupe finistérien et « accompagne Doux commercialement et financièrement », assure Arnaud Marion. La situation de Frangosul, la filiale brésilienne de Doux lourdement endettée auprès de créanciers brésiliens, n'est pas complètement soldée. Pour Arnaud Marion, cette dette n'échoira pas au groupe français. « Le risque restant n'est plus que de 8 millions d'euros », estime-t-il.
QUINZE établissements industriels français (abattage, découpe, transformation, viandes séparées mécaniquement, entreposage), audités en janvier dernier, ont été agréés pour une durée de trois ans, à l'exportation de viande de volailles et de palmipèdes vers le marché égyptien, annonce FranceAgriMer, le 25 juin. Les industriels Doux, Tilly-Sabco et Gastronome sont notamment concernés. D'après FranceAgriMer, 292 tonnes (pour une valeur de 400 000 euros) de poulets entiers français ont déjà exportées vers cette destination. D'autres commandes seraient en cours.