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Droit à l’alimentation : une étude dénonce les mesures d’austérité imposées aux Grecs

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« L’État grec et les pays membres de la zone euro ont violé le droit du peuple grec à l’alimentation en conséquence des mesures d’austérité imposées par trois protocoles d’accord en 2010, 2012 et 2015 » : telle est la conclusion d’une étude intitulée « La démocratie n’est pas à vendre : la lutte pour la souveraineté alimentaire à l’ère de l’austérité en Grèce » (1) et présentée le 20 novembre à Bruxelles avec le soutien d’Olivier de Shutter, qui a été rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation de 2008 à 2014.

En Grèce, « le taux du chômage rural a bondi de 7 % en 2008 à 25 % en 2013, tandis que le revenu rural par tête a chuté de 23,5 % durant les années de crise (2008-2013) », constate ce travail réalisé par le centre de recherche Transnational Institute (Pays-Bas), FIAN International, organisation militant pour le droit à l’alimentation, et le réseau grec Agroecopolis, dix ans après le début de la crise financière et économique, et quelques mois seulement après la fin des programmes d’austérité qui avaient été imposés à la Grèce en tant que condition des « renflouements » successifs.

« Tirer les leçons de ce qui s’est passé »

Parallèlement, « l’insécurité alimentaire s’est accrue » dans le pays, selon les auteurs, « avec des prix augmentant plus rapidement que ceux dans la zone euro durant la crise, malgré la forte baisse des revenus et des coûts de main-d’œuvre intérieurs », ce qui a conduit à « une chute des dépenses alimentaires globales mais à un accroissement de leur part dans les dépenses mensuelles totales de 16,4 % en 2008 à 20,7 % en 2016 ».

« La Grèce est maintenant hors de danger, nous dit-on, mais les impacts sur le niveau de vie des familles grecques et sur le droit à l’alimentation en particulier ont été énormes. Et il est essentiel que nous tirions les leçons de ce qui s’est passé », a commenté Olivier de Shutter.

(1) https://bit.ly/2KnnuvW