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Ducs de Gascogne retrouve le chemin de la rentabilité

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Stratégie > L’entreprise gersoise Ducs de Gascogne, rachetée par Marie et Cyril Jolivet il y a un an, a restauré sa rentabilité. Les dirigeants ne manquent pas de projets de développement et réfléchissent notamment à l’extension du site.

Un an après la reprise par Marie et Cyril Jolivet (Agra Alimentation du 9 mars 2017), l’entreprise Ducs de Gascogne a parcouru un sacré bout de chemin. Déficitaire et en perte de vitesse depuis plusieurs années, la société a enregistré en 2017 un bond en avant de 15 % de son chiffre d’affaires à 11,5 millions d’euros et a dégagé un résultat net de 475 000 euros, contre une perte de 323 000 euros en 2016. Spécialiste des colis gastronomiques, la société fabrique des foies gras, pâtés, terrines, tartinables et autres mini-saucisses.

Comme ils l’avaient annoncé, les repreneurs se sont attaqués dès leur arrivée à la chasse aux charges fixes inutiles. "Nous avons tout remis à plat et renégocié des contrats avec certains de nos partenaires, dont certains n’avaient pas évolué depuis des années ", explique ainsi Marie Jolivet, la présidente. Des renégociations qui se sont faites dans la continuité avec des fournisseurs locaux sans que cela n’affecte la qualité des produits. Une économie de coûts évaluée à plus de 100 millions d’euros sur 2017 par la dirigeante, dont les effets se feront encore sentir en 2018 pour un montant à peu près équivalent.

Cette performance financière a été obtenue en dépit d’un contexte foie gras marqué une nouvelle fois par la grippe aviaire. Affecté comme ses concurrents par des problèmes d’approvisionnement et de coûts, Ducs de Gascogne, très attaché à son terroir, a élargi l’an dernier ses achats de matières premières au foie gras IGP du Sud-Ouest et non plus uniquement IGP Gascogne, comme auparavant. En parallèle, la société a également dû gérer l’organisation en interne (6 personnes sont dédiées à la fabrication du foie gras) pour jongler entre le manque de produits et la demande à satisfaire.

Pour pallier un éventuel retour d’une telle crise cette année, et éviter soit les ruptures de stocks, soit de travailler à flux tendus, Ducs de Gascogne est en train de constituer ses stocks pour la prochaine saison festive. "L’entreprise réalise 80 % de son chiffre d’affaires sur les derniers mois de l’année. C’est assez compliqué pour piloter un budget", confie Marie Jolivet. Et cette activité saisonnière demande également d’importants besoins en trésorerie. Une gestion rigoureuse est donc indispensable.

Projets de relance

Plutôt positive pour 2018, Marie Jolivet anticipe "un chiffre d’affaires de 12 à 13 millions d’euros, tout en poursuivant l’amélioration de la rentabilité. Et avec quatre embauches nettes, en production et au commerce" cette année, l’entreprise compte 76 salariés.

Les produits Ducs de Gascogne sont essentiellement dans 250 points de vente sur le territoire, dont 4 boutiques en propres seulement. La société préfère travailler en partenariat avec des épiceries fines. C’est notamment le cas de la boutique ouverte rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Bien qu’à l’enseigne Ducs de Gascogne, ce magasin est géré par un commerçant partenaire.

Aujourd’hui, les ventes se partagent pour environ 35 à 40 % dans les boutiques, essentiellement aux détails et en colis, environ 40 % avec les comités d'entreprise, 7 % à l’export, 7 % en VPC et internet et le solde soit en prestation de services, soit pour des MDD. "Notre objectif est de continuer à nous développer sur tous ses segments, tout en mettant l’accent sur les ventes via internet et l’export, sur lesquelles le potentiel est important", indique encore la dirigeante.

Et dans la poursuite de cette stratégie de relance, Ducs de Gascogne réfléchit aussi à de nouveaux locaux. "L’usine historique construite dans les années 80 est un peu vieillissante. Nous avons engagé une réflexion à deux ou trois ans autour d’un site plus adapté à nos besoins. Ce projet passera soit par une grosse rénovation, soit par la construction d’un nouveau site toujours à Gimont, détaille Marie Jolivet. Ce qui nous intéressait lorsque nous avons racheté, c’est la fabrication, c’est la vraie force de l’entreprise. C’est avec de nouvelles recettes que nous voulons aussi redynamiser les ventes". La société croit ainsi beaucoup au développement dans le bio, segment sur lequel elle vient de lancer un nouveau tartinable cette année.