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Epicerie Ebro Puleva grandit pour se protéger

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Après la récente sortie de l’allemand Südzucker de son capital, l’espagnol Ebro Puleva pourrait bien être l’objet d’une OPA. Face à cette menace, son président, José Manuel Fernandez Norniella, soutenu par la famille Hernandez Barrera, (actionnaire à 11 %) est convaincu de la nécessité de croître.

En 2003, Ebro Puleva a réalisé un chiffre d’affaires de 2,003 milliards d’euros. Déduction faite des 318,8 millions d’euros de ventes réalisées au Chili, à travers une filiale dont il semble vouloir se défaire, et d’autres activités mineures, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 1,654 milliard d’euros pour ses trois divisions principales : sucre (44,5 % du CA total), lait (29,5 %) et riz (26 %). Après la récente sortie de l’allemand Südzucker de son capital, la part du capital du groupe dans le public est passée de 45 % à 59 % et son président, José Manuel Fernandez Norniella, soutenu par la famille Hernandez Barrera, qui détient un peu plus de 11 % du capital, est convaincu de la nécessité de croître pour échapper à une OPA hostile.

Le sucre reste instable

La difficulté, explique un analyste, « est que la situation compétitive d’Ebro Puleva n’a elle pas changé : non seulement ses marchés traditionnels ont une croissance faible, mais ils sont conditionnés par les décisions de Bruxelles ». C’est par exemple le cas dans le sucre où il est peu probable que le système d’aides européennes actuellement à l’étude permette le maintien des marges de la division (22 %) au delà de l’horizon 2006. Courant 2003, le groupe a du reste fermé deux usines sucrières, dont celle de Monzon de Campos (Palence) qui sera reconvertie dans la production de malte pour la bière, en partenariat avec Mahou San Miguel.

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Numéro deux du lait

Les perspectives sont un peu meilleures dans le lait. L’analyste du Banesto, Javier Mata, y prévoit une croissance des ventes de 5 % en 2004 contre 2 % dans le sucre. En effet, la création en 2003 de deux divisions, l’une pour Puleva et l’autre pour les secondes marques (Ram, Leyma et El Castillo), paraît donner de bons résultats. Le rachat à Abbot de l’activité de Puleva liée à l’alimentation enfantine est, lui aussi, potentiellement prometteur. A ce jour, Puleva est numéro deux du marché espagnol derrière Central Lechera Asturiana avec une part de marché de 13,7 % (selon AC Nielsen) mais il s’agit d’un marché très convoité (l’américain Dean Foods, propriétaire de Leche Celta, souhaite s’y renforcer) et par conséquent instable.

Le riz en croissance

En définitive, c’est pour le moment dans le riz que les perspectives sont les meilleures. Les spécialistes prévoient que la consommation espagnole, modeste (6 kilos par an et par habitant), continuera de croître grâce à l’introduction de nouvelles variétés (riz long, intégral, vaporisé, aromatisé, etc). Par ailleurs, la frénésie d’acquisitions internationales d’Ebro Puleva (derrière en date, la société britannique Vogan, pour 10,4 millions d’euros) laisse entrevoir en 2004 une croissance de cette division supérieure à 15 %.