Entre 2016 et 2021 dans les communes rurales, la majorité des procédures d’infraction pour traite et exploitation d’êtres humains étaient liées à l’exploitation par le travail (52 % des infractions), devant le proxénétisme (36 %) et la traite d’êtres humains (12 %), selon l’étude Instersats Analyse (n°49) du ministère de l’Intérieur diffusée le 18 octobre. Par contraste, dans les grandes unités urbaines d’au moins 10 000 habitants, plus de la moitié des infractions étaient dues au proxénétisme, devant l’exploitation par le travail, la traite d’êtres humains et l’exploitation de la mendicité. Concernant l’exploitation par le travail dans les zones rurales, les infractions « peuvent notamment être constatées dans des exploitations agricoles par exemple », détaille l’étude. L’âge des personnes mises en cause, tant en milieu rural qu’urbain, est élevé : « 42 % ont 50 ans ou plus. Cela est lié à la particularité de cette forme d’exploitation pour laquelle l’exploiteur peut être le chef d’une entreprise ou d’une exploitation agricole ».
Au niveau national, l’étude recense 252 infractions d’exploitation par le travail en 2021 (+6,3 % par rapport à 2019). Elle enregistre aussi 141 infractions de traite d’êtres humains dont au moins 4 % sont associées à une infraction d’exploitation par le travail. Par ailleurs, l’étude identifie six « centres névralgiques » qui pèsent « presque deux tiers des infractions » de traite et d’exploitation des êtres humains : les Bouches-du-Rhône, la Gironde, les Alpes-Maritimes, le Rhône, le Nord et l’Ile-de-France qui enregistre à elle seule 37 % des infractions. Le nombre de victimes d’exploitation par le travail a quant à lui augmenté de 37 % depuis 2016, malgré une baisse de 24 % entre 2019 et 2021.