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Engender veut briser le monopole sur la semence sexée

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Le marché mondial du sexage des semences de bovins laitiers (270M$) est écrasé par un acteur dominant, l’américain Inguran et sa filiale Sexing Technologies, qui trusteraient près de 90% du marché. Sexing Tech vend ce service à des sociétés de sélection génétique à travers le monde entier, comme Evolution en France, chez qui elle implante ses propres laboratoires. Et c’est à cette condition que les coopératives françaises peuvent proposer des semences garanties femelle à leurs adhérents.

La start-up néozélandaise Engender technologies veut mettre fin à ce monopole et annonce la commercialisation d’une nouvelle technologie d’ici 2 ans, notamment aux Etats-Unis. Engender a levé 6 millions de dollars en 2016 auprès de fonds de capital risque néozélandais (Pacific Channel, New Zealand Venture investment fund) puis 10M$ auprès du gouvernement néozélandais. C’est un spin-off de l’université d’Auckland, précise Forbes. Selon la presse néozélandaise, Engender cherche actuellement 20M$ pour commercialiser sa technologie.

Jusqu’ici les tentatives de mettre fin au monopole d’Inguran s’étaient déroulées sur tapis vert. La réussite d’Inguran est basée sur l’amélioration d’une technologie développée il y une vingtaine d’années, et plusieurs procès ont été lancés depuis 2014 aux Etats-Unis par des sociétés de génétique pour tenter de briser ce quasi-monopole, jusqu’ici en vain.

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Engender veut attaquer Inguran sur le terrain de la technologie. Elle assure que son taux de fécondation est meilleur que celui de Sexing Technologies, et que le coût de son service sera moins élevé. Sexing Tech repère les chromosomes X et Y en fonction de leur fluorescence, et les sépare grâce à des courants électriques. Engender Tech les sépare grâce à des photons (rayons laser), explique Bloomberg. 

Le coût élevé de la semence sexée empêche son développement rapide à travers le monde. En France, l’utilisation du sexage des semences (surcoût d’une trentaine d’euros sur la semence) était en recul en 2016. Par comparaison, les services de génotypage sont en progression avec un surcoût d’une quarantaine d’euros. Le génotypage permet d’évaluer le potentiel d’un jeune animal avant sa mise en production. Son coût (40 €) a été divisé par trois depuis le début de sa commercialisation, il y a trois ans, et « ce n’est pas fini ». Tandis que le coût du sexage évolue peu.