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Le conseil de Nicolas Ehrhadt, vétérinaire au GDS Nouvelle-Aquitaine et animateur de l’Omacap, l’observatoire des maladies caprines « Et si c’était la coccidiose ? »

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« Les coccidies sont des parasites unicellulaires présents dans tous les élevages. Les retards de croissance, les diarrhées ou les morts subites après sevrage doivent faire penser à de la coccidiose. Ses conséquences varient en fonction de la quantité de parasites ingérés par les chevreaux, des espèces de coccidies présentes, mais aussi de facteurs de stress tel que le sevrage, l’ambiance du bâtiment ou les allotements.

« Retards de croissance, diarrhées ou morts subites après sevrage »

La contamination peut se faire dès la naissance, mais l’excrétion dans les fèces ne débute qu’à partir de trois à quatre semaines, le temps de la durée du cycle multiplicateur du parasite. L’excrétion reste généralement élevée jusqu’à cinq mois d’âge.

Investiguer les échecs de traitements

Le traitement est nécessaire si l’on repère des signes cliniques à l’autopsie. On peut aussi suspecter la maladie si les résultats de coproscopie indiquent plus de 100 000 œufs par gramme sur un mélange de fèces. Un traitement préventif peut aussi être justifié de façon préventive au sevrage en fonction de l’historique clinique et des facteurs de risque présents, voire dès l’âge d’un mois en cas de formes précoces. Cependant, il ne faut en aucun cas traiter les animaux avant l’âge d’un mois car cela empêcherait le développement de leur immunité intestinale.

Les suspicions d’échec de traitements doivent inciter à renforcer les mesures d’hygiène comme l’entretien de la litière et des abreuvoirs ou la désinfection entre chaque saison de mise bas. Il faut aussi veiller à séparer les animaux d’âges différents et à maîtriser les facteurs de stress précités. En cas d’échec, une adaptation du traitement peut être envisagée en lien avec le vétérinaire. Les autres causes de retards de croissance, diarrhées ou mortalités des chevrettes doivent par ailleurs être investigués, notamment la pasteurellose et les déséquilibres nutritionnels, également très fréquents pendant cette phase de vie.

L’OMACAP et l’Anses réaliseront cet été une enquête en ligne pour analyser les pratiques de traitement anti-coccidien, puis compléteront ces investigations par des suivis en élevage. De nombreux éleveurs s’interrogent en effet sur la nécessité de traiter systématiquement leurs chevrettes et des contraintes réglementaires qui pourraient prochainement contraindre ces usages. L’objectif est d’aider les éleveurs à mieux évaluer les risques pour savoir quand traiter.

Reprendre la photo dans LA chèvre n°347 page 30 ou dans le numéro 345 page 38.