Alors que les ateliers commenceront fin août, le lancement officiel des États généraux de l’alimentation a lieu au cours d’une journée de présentation le 20 juillet à Bercy. La consultation publique via une plateforme participative débute dès maintenant. Mais de nombreux points restent encore à préciser.
À la veille du lancement officiel des États généraux de l’alimentation, qui doit avoir lieu le 20 juillet, il reste encore beaucoup d’interrogations sur le déroulement de cette série d’ateliers, et surtout son issue. Dans l’entourage du ministre de l’agriculture Stéphane Travert, on insiste surtout sur l’importance de cette journée qui sera marquée par deux allocutions, celle du Premier ministre et celle du président de la République. Quatre ministres (santé, agriculture, économie et transition écologique) aborderont quatre thèmes différents (tendances alimentaires, répartition de la valeur, distribution, agriculture durable) à chaque fois avec le concours d’un expert. Des échanges avec la salle sont prévus. Traduisant l’importance accordée à l’événement, 500 invitations ont été lancées pour assister à cette journée. Parmi les invités : des représentants des filières agricoles et agroalimentaires, de la distribution, des services de l’État, de la santé, de l’économie sociale et solidaire et des élus.
Un processus complexe pour désigner les participants
Les organisateurs des États généraux imaginent que cette première journée permettra aux participants de bien préparer les ateliers qui ne commenceront qu’un mois plus tard, fin août. La liste des quatorze ateliers est arrêtée, et les objectifs précisés : relancer la création de valeur et en assurer l’équitable répartition, permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes, accompagner la transformation des modèles de production pour mieux répondre aux attentes des consommateurs, et promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable.
La liste des participants, quant à elle, ne sera dévoilée qu’entre la fin juillet et le début d’août. On devrait y retrouver notamment les organisations professionnelles, de consommateurs ou de défense de l’environnement. Le tout selon un dosage qui est en cours d’élaboration. Pour cela, pas moins de onze ministères sont mobilisés au sein d’un comité interministériel qui se réunit tous les lundis. Le but est d’arriver à un consensus au sein du comité afin d’arrêter la liste définitive de la quarantaine de participants pour chaque atelier.
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Pas de « fétichisme de la loi »
Les présidents des ateliers devraient être connus autour du 20 juillet. Il s’agira de personnalités fédératrices, pas clivantes, qui ont des compétences en rapport au thème de l’atelier et surtout qui ont pour objectif d’aboutir à un résultat concret. Pour les proches du ministre, il n’y a pas de « fétichisme de la loi » : déboucher sur un processus législatif à l’issue des États généraux n’est pas un passage obligé. Un point qui devrait satisfaire certains professionnels, parmi lesquels la Feef (Fédération des entrepreneurs et des entreprises de France), qui privilégient la voie de la concertation et du dialogue débouchant sur des engagements.
Un premier bilan doit être tiré fin septembre pour la question de la répartition de la valeur, avant d’entamer la série d’ateliers consacrés à l’alimentation saine et durable au cours du mois d’octobre. Une synthèse des ateliers et de la consultation publique devrait être diffusée mi-décembre.
Mais avant de donner la parole aux professionnels, les États généraux veulent prendre le pouls de la société. Une consultation publique est ouverte à partir du 20 juillet pour recueillir les témoignages et les propositions de la société civile sur une « plate-forme participative » en ligne. « Les contributions des citoyens seront synthétisées régulièrement et viendront nourrir le travail dans les ateliers », précise-t-on au ministère, qui refuse que les ateliers se déroulent « hors sol ». Reste à savoir quel sera le sort de ces prises de parole citoyennes, et le poids qu’elles auront sur la conduite du travail dans les ateliers. La société civile aura un mois d’avance avant que le premier atelier ne se réunisse.