Le président François Hollande a renouvelé auprès de ses ministres ses consignes de limiter leurs vacances à deux semaines, du vendredi 2 août au lundi 19 août, et de ne pas partir à l’étranger. Il y a deux ministres auxquels il n’était sans doute pas nécessaire de rappeler cette consigne : Stéphane Le Foll et Guillaume Garot. Ils savent pertinemment que l’été sera plus que chaud pour eux. La situation s’annonçait particulièrement délicate dans l’ouest de la France avec les difficultés de la filière viande qu’illustre le sort toujours incertain des abattoirs bretons de Gad et du normand AIM.  La partie n’est pas non plus totalement gagnée pour l’ancienne usine de Spanghero qui s’apprête à redémarrer, mais sur qui pèse toujours l’épée de Damoclès du rééchelonnement de sa dette que ses bailleurs avaient refusé une première fois. Le sort des ouvriers de Fralib et leur projet de SCOP est encore loin d’avoir abouti, Unilever s’opposant toujours à leur projet de reprise de la marque Eléphant. D’autres dossiers moins emblématiques sont tout aussi préoccupants et voici que la Commission européenne vient de prendre une décision qui fait l’effet d’une douche froide, en réduisant à zéro les restitutions pour les poulets à l’export. Le redressement hypothétique du groupe Doux s’en trouve encore plus compliqué et l’avenir de son confrère Tilly-Sabco, dépendant à 80% des marchés subventionnés, n’est guère plus souriant. On peut certes mettre en cause, comme le justifie Bruxelles, l’impéritie de leurs dirigeants à ne pas avoir mieux anticipé la fin annoncée de ces aides. Il n’en demeure pas moins que si la Commission juge ne pas avoir à jouer les infirmiers d’entreprises malades, ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu. Tous les acteurs menacés risquent fort de rappeler leur existence à leurs ministres de tutelle qui devront bien répondre autrement que par la célèbre citation « l’Etat ne peut pas tout » qui avait eu des effets dévastateurs.