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Eurovanille profite de l’intérêt grandissant des industriels pour les ingrédients naturels et prévoit 20 % de croissance pour 2010.
Laurent et Olivier Bourgois travaillent la vanille depuis 20 ans. C’est depuis Gouy Saint André (62) que cette PME familiale produit et commercialise des gousses, des extraits liquides, concentrés, en poudre ou encore des infusions dans le monde entier. Elle réalise en effet 70 % de son chiffre d’affaires à l’export.
Les industriels en quête de naturel
Si le métier historique de l’entreprise consiste à s’adresser directement aux restaurants et pâtisseries gastronomiques (30 % du CA), l’internationalisation de l’activité l’a conduite à travailler avec des grossistes pour des marchés lointains (15 % de l’activité). Pour ces clients, l’entreprise propose d’ailleurs un catalogue plus large que la vanille sous toutes ses formes (fruits secs, épices…).
Depuis quelques années, Eurovanille a également développé la commercialisation de gousses et de sachets de vanille en poudre sous MDD (15 % du CA). Mais c’est une activité plus ancienne qui tire aujourd’hui la croissance de la PME, évaluée à 20 % pour 2010. L’activité avec les industriels (40 % du CA) est en effet boostée par la tendance en faveur des produits naturels. « Tous nos segments d’activité se portent bien, mais la demande de la part des industriels est très forte, notamment parce qu’on s’engage sur le naturel », explique Olivier Bourgois, qui compte des géants de l’agroalimentaire parmi ses clients.
Agrandissement à horizon trois ans
Eurovanille, qui emploie 65 personnes, a réalisé un chiffre d’affaires de 7,3 millions d’euros en 2009 et prévoit 8,8 millions d’euros pour 2010. Soit près de deux fois plus qu’il y a cinq ans (4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés en 2005). « A l’époque, le chiffre d’affaires avait fortement baissé du fait du prix de la vanille. La hausse enregistrée depuis correspond à la progression de nos volumes », explique Laurent Bourgois. Eurovanille traite actuellement 80 tonnes de vanille et estime pouvoir aller jusqu’à 120 dans ses locaux actuels en « poussant les murs ». Le stockage a été sous-traité et les anciens locaux ont accueilli l’activité à destination des restaurants et pâtisserie, par exemple. Le séchage est désormais réalisé dans l’usine indienne d’Eurovanille (qui fournit 25 % des approvisionnements du groupe), dont la première activité est l’affinage. « En ce moment, on essaye de transférer le séchage en Inde, mais c’est une organisation temporaire. D’ici deux à trois, nous agrandirons probablement nos locaux et nous pourrions rapatrier le séchage », explique Olivier Bourgois. La PME possède aussi une plantation à l’Ile Maurice. Achetée en 2002 pour proposer des vanilles d’une qualité un peu différente, elle commence enfin à produire.
Contrairement à nombre de matières premières, la vanille profite d’un cours très bas depuis cinq ans, explique Olivier Bourgois. « Beaucoup de pays ont réduit leur production du fait du coût très bas de la vanille de Madagascar. On s’attend à une hausse dans les années qui viennent. »