La baisse des cours des matières premières a donné lieu à une baisse des ventes d’Evialis au premier semestre 2005, à – 11,4 %, mais a dans le même temps permis d’augmenter ses marges. Le groupe a enregistré un bénéfice net consolidé de 3,6 M EUR, contre 0,4 M EUR un an plus tôt. Côté perspectives, Evialis estime que le second semestre 2005 devrait s’inscrire dans la continuité du premier semestre. Il intègrera pour la première fois la société Nutréa créée en partenariat avec Unicopa pour constituer le leader régional du Grand Ouest.
La baisse des cours des matières premières a fortement pesé sur le chiffre d’affaires d’Evialis au premier semestre 2005. Les ventes du groupe ont en effet accusé un recul de 11,4 %, à 307,6 millions d’euros contre 347,2 M EUR un an plus tôt. « Le marché français a continué à se contracter, or nous réalisons encore 80 % de notre chiffre d’affaires dans l’hexagone», a expliqué Pierre Lefebvre, le nouveau p.-d.g. d’Evialis. Régulier depuis trois ans, le repli du marché français de l’alimentation animale s’est poursuivi sur les 6 premiers mois de l’année pour atteindre – 3 %. Si les aliments pour volailles et pour porcs ont connu une baisse de - 2,6 % et – 2,8 % respectivement en volume, les aliments pour ruminants ont le plus souffert de la conjoncture : les volumes ont régressé de – 9,4 %. Or, c’est justement sur ce marché qu’Evialis est le plus impliqué, ce qui explique la contre-performance du groupe. « Le déclin du marché français va se poursuivre dans les années à venir, prévoit Pierre Lefebvre. A la fois pour des raisons macroéconomiques, tant les effets de l’évolution de la politique agricole commune que la pression de la concurrence internationale, et des raisons démographiques, un nombre important d’éleveurs arrêtant leur activité».
32,6 % de taux de marge contre 28 % un an plus tôt
Contrairement au premier semestre 2004, pendant lequel les cours ont atteint des records, les prix des matières premières ont connu un retour à la normale, ce qui a permis à Evialis de retrouver une marge de manœuvre. Aussi, parallèlement à cette chute du chiffre d’affaires, Evialis a bénéficié d’une forte progression de ses marges, passées d’un taux de 28 % un an plus tôt à 32,6 %. Le groupe a enregistré au premier semestre un bénéfice net consolidé de 3,6 M EUR, contre 0,4 M EUR lors de la même période de 2004. Le résultat opérationnel a progressé de 47,3 % à 4,7 M EUR contre 3,2 M EUR un an plus tôt,. Le résultat opérationnel courant a connu une croissance de 71 % à 5,38 M EUR. Par activité, le résultat opérationnel courant sur l’ensemble de l’activité prémix – spécialités a progressé de 31 % tandis que le pôle santé affiche une baisse de profitabilité chiffrée à – 14,7 %, du fait d’une contraction des marges sur un marché disputé « La profitabilité de notre activité santé s’érode pour la deuxième année consécutive mais reste malgré tout toujours attractive », explique Pierre Lefebvre.
50 % du CA à l’étranger d’ici 5 ans
A l’étranger, Evialis confirme le redressement de ses activités au Brésil où le groupe enregistre une progression de 8% de ses volumes. Evialis prévoit de profiter d’une forte progression du marché estimé à 47 millions de tonnes en 2005 contre 41 millions de tonnes en 2004. Dans les autres pays, Evialis enregistre une forte croissance de son niveau d’activité et de sa rentabilité. En Asie, le chiffre d’affaires progresse de 20 %, avec une progression de 72 % au Vietnam, où le groupe court après la capacité industrielle pour suivre la forte croissance du marché notamment en aquaculture et où l’extension de l’usine d’Hanoï doit justement y contribuer. En Inde, où le groupe bénéficie d’excellentes marges et identifie un gros potentiel de croissance à l’instar de la Chine, la progression des ventes est de 50 %. En Pologne, le groupe renoue avec des résultats positifs après avoir perdu de l’argent dans le pays et compte profiter de la translation des productions de l’Europe de l’ouest vers l’est.
Grâce à Nutréa, Evialis va retrouver l’équilibre dans le Grand Ouest
Au second semestre, Evialis intègrera pour la première fois la société Nutréa créée le 1er juillet dernier cf Agra alimentation n° 1878 du 31/03/05page 25 et n° 1887 du 09/06/05 page 33 en partenariat avec Unicopa comme partenaire majoritaire pour constituer le leader régional du Grand Ouest (19 % de part de marché), devant les coopératives Cooperl et Le Gouessant. L’activité du groupe sur le Grand Ouest étant déficitaire, la création de cette nouvelle entité devenait indispensable afin de retrou-ver une contribution positive de cette zone aux résultats. Nutréa bénéficie d’une très bonne couverture du territoire grâce à 8 sites industriels, 3 pour Evialis et 5 pour Unicopa, qui produisent un volume de 1 700 000 tonnes d’aliments pour animaux, pour 350 M EUR de chiffre d’affaires et 600 salariés. « Le marché breton (9 millions de tonnes) est le plus importante de France et connaît, comme l’ensemble du marché français, une contraction important des volumes,explique Pierre Lefebvre. La création de cette entité est donc pertinente pour être offensif sur un marché très concurrencé. »
Retour à la normale des prix de matières premières
Côté perspectives, Evialis estime que le second semestre 2005 devrait « s’inscrire dans la continuité du premier semestre ». Le groupe estime par ailleurs que la diminution de l’endettement et l’amélioration des performances du groupe donnent à Evialis les moyens de concrétiser ses ambitions de développement à l’international, tant en croissance externe qu’interne. Le groupe se fixe comme objectif audacieux de porter à 50 % la contribution de l’international au chiffre d’affaires du groupe, sans pour autant diminuer son périmètre d’activité en France, toujours considéré comme un marché stratégique. Premier pas dans ce sens, un projet de croissance externe, « petit projet » mais stratégique, devrait voir le jour dans les semaines à venir et permettre au groupe de se positionner sur les ruminants. Evialis prévoit une évolution assez sage des prix des matières premières, avec à court terme, une légère progression, qui donnera lieu à un « pincement » des marges dans les semaines à venir, et à plus long terme une baisse des cours, notamment sur le soja.
Fermeture du site de Villemoisson
Le groupe n’a pas pour le moment l’intention de s’ouvrir à de nouveaux métiers et restera impliqué dans ses trois domaines d’activité : les aliments complets, les premix et spécialités et la santé. « Notre souci est d’atteindre, sur ces trois métiers et dans tous les pays où nous sommes implantés, une taille critique, quitte à se désengager de certains fronts », explique Pierre Lefebvre. La fermeture du site de Villemoisson au sud de Paris, considéré comme obsolète, est prévue, avec transfert de l’activité de l’usine sur d’autres sites du groupe. Le groupe compte par ailleurs investir fortement dans la recherche et développement dans un soucis de créer de la valeur ajoutée : le budget consacré, actuellement de 3 M EUR, devrait être multiplié par 2 ou 3 d’ici trois ans. Concernant toute association future, le groupe n’envisage que des participations où il serait majoritaire, à l’exception de Nutréa.