Le 31 octobre s’est terminée l’exposition universelle de Milan consacrée à l’alimentation de la planète. Jusqu’au bout, l’affluence aura été considérable, avec plus de vingt millions de visiteurs au total sur les six mois d’exposition. Le pavillon français devait fermer ses portes en organisant, les derniers jours, une rencontre de bon niveau sur l’agriculture et le réchauffement climatique. Une manière de contribuer à la tenue future de la rencontre internationale Cop21.
Alain Berger, commissaire général du pavillon français à l’Expo Universelle de Milan, tablait sur 1,4 million de visiteurs. Ce sont finalement 2,2 millions de chalands qui se sont pressés dans le beau bâtiment en bois, conçu avec beaucoup d’informations et de pédagogie sur l’offre française de produits agricoles et agroalimentaires. Un nombre de visiteurs jugé très positif, sur le total de plus de vingt millions qu’aura accueilli l’expo universelle. Sans doute la moitié du visitorat de l’expo de Shanghaï. Mais il est difficile de comparer l’appétence pour un événement de ce type dans la vieille Europe et la folie qu’il peut provoquer dans la jeune Chine au milliard et demi d’habitants.
Approche didactique
Le pavillon français aura misé sur une approche résolument didactique, avec force écrans et points d’arrêts pédagogiques, contrairement à bon nombre d’autres pavillons, plus impressionnants souvent vus de l’extérieur, mais bien pauvres quant au contenu. Alain Berger pense néanmoins avoir « cassé l’image élitiste de la cuisine française », même s’il en a montré les aspects les plus typiques et traditionnels. En témoigne une boulangerie intégrée, produisant journellement des baguettes appréciées par les visiteurs mais tout autant par les employés des pavillons voisins. Les Français ont-ils des regrets ? Pas vraiment, si ce n’est peut-être de ne pas avoir davantage mis en avant les produits et surtout ne pas avoir suscité plus de « rendez-vous business ». Ce sera peut-être le cas en 2025, un millésime pour lequel la France est candidate à l'organisation de l’expo universelle. Formé à l’édition de 2015, Alain Berger a d’ailleurs ses idées pour l’édition de la décennie future.
Yann Arthus Bertrand
En attendant, il a terminé la session de l’année par une belle rencontre sur le réchauffement climatique et l’agriculture. Une rencontre pédagogique – la pédagogie était bien la valeur dominante de la présence française à Milan – permettant de faire le point sur la responsabilité de l’agriculture en matière de réchauffement de la planète. Avec en point d’orgue, la présence de Yann Arthus Bertrand, auteur d’un film émouvant et très beau sur l’amour des fermiers pour leur terre, la difficulté d’exercer leur métier, en particulier depuis que la planète s’est mise à subir les dérèglements climatiques que l’on sait. Vivement la Cop21 pour nous donner les solutions.
Le pavillon français obtient le premier prix du bureau international des expositions
À l’occasion de la journée du Bureau international des expositions qui s’est tenue le 30 octobre 2015 à l’Expo Milano 2015, la France a remporté le premier prix dans la section architecture. Le pavillon avait été conçu par le cabinet d’architecture XTU en janvier 2014, lors de la consultation lancée par FranceAgriMer. Le Pavillon de la France avait fait appel à l’entreprise Simonin pour construire cette charpente, entièrement en bois français, certifié PEFC. Au total 1 400 m3 de bois, épicéa pour l’intérieur, mélèze pour l’extérieur. Le pavillon français est en passe d’être vendu, plusieurs candidats de l’Hexagone ayant fait des propositions, parmi lesquels figure le Futuroscope de Poitiers. L’exposition universelle est maintenant terminée, ayant accueilli plus de vingt millions de visiteurs, dont plus de 2,2 millions ont visité le pavillon français.