Une fable devrait réconcilier responsables de la Santé publique et de l’agroalimentaire et nous épargner maints règlements et directives, c’est l’histoire du Polypill et du Polymeal. Exposée sur un ton sentencieux dans une récente livraison du Belgium Medecine Journal, elle est due à six éminents professeurs de Rotterdam, Bruxelles et Melbourne, avec tout l’apparat critique habituel de ce genre… littéraire.
L’équipe universitaire a défini d’abord la pilule idéale qui réduirait à coup sûr les risques de maladies cardio-vasculaires. Tous les composants ont été parfaitement dosés pour tirer l’efficacité maximum d’une telle médecine. Le coût du Polypill ? Prohibitif, nous dit-on. Et quel sujet potentiellement à risque pourra garantir de ne jamais oublier de prendre sa pilule ?
L’autre concept testé par nos chercheurs est le Polymeal : il suffit, selon eux, de combiner dans nos menus l’apport de 114 grammes de poisson quatre fois par semaine avec, chaque jour, 400 g de fruits et légumes, 100 g de chocolat noir, 68 g d’amandes, 2,7 g d’ail et … 120 ml de vin pour réduire de 76% les risques d’accident cardiaque.
Le résultat n’est pas imaginaire, il a été expérimenté à travers l’étude quantitative d’une « cohorte » de 5 209 sujets observés depuis 46 ans dans le Massachusetts !
Enfin, outre le fait que ces ingrédients n’ont pas de contre-indications et sont quand même plus agréables au palais qu’une pilule, leur coût ne dépasse guère quelque 22 euros par semaine en faisant ses courses dans un magasin banal à Amsterdam… CQFD ?