Tous les signaux sont réunis pour une nouvelle année d’exception sur les prix des matières agricoles. Aux phénomènes réels, physiques, comme les inondations en Australie, provoquant une baisse de l’offre, semble devoir s’ajouter le poids d’une spéculation sans précédent.
Le monde agricole a déjà été face à ce genre de situation, il y a trois ans, mais ce qui se présente pourrait être d’une plus grande ampleur encore. Il faut se préparer à la gestion d’une période compliquée, quand bien même le premier effet sur les revenus agricoles peut être considéré comme positif.
– il y a d’abord l’impact sur les exploitations d’élevage pour lesquelles cette flambée est une mauvaise nouvelle. La solidarité céréaliers-éleveurs, ratée en 2008 devra être remise sur le chantier, sans doute sous des formes différentes, avec un système comme celui que tente de proposer Xavier Beulin ;
– il y a ensuite l’effet de la hausse des prix sur le coût de l’alimentation des Français, des Européens mais aussi des populations déshéritées de la planète. Les Etats et les organisations internationales ont intérêt à faire le maximum pour juguler les crises qui se préparent. L’Egypte vient de montrer la fragilité de sa cohésion sociale. Ajoutez une crise alimentaire et c’est tout un système politique qui peut être balayé. En France, les agriculteurs ont intérêt à pouvoir montrer qu’ils ne sont pas les fauteurs d’inflation que le grand public risque de leur reprocher ;
– individuellement, les paysans français devront peut-être prendre garde à ne pas surinvestir comme on l’avait constaté en 2008. Sinon, les lendemains de cette flambée des prix risquent d’être bien difficiles à gérer.