Les jeux sont dans doute faits, à deux jours du scrutin, et le débat de mercredi soir n’aura sans doute, comme il est d’usage, peu fait bouger les lignes des intentions de vote. Hormis l’incontournable visite au salon de l’agriculture et quelques interviews à des journaux spécialisés, les deux candidats ont fait, tout au moins publiquement, peu de cas de l’agriculture et de ses industries de transformation. A croire que le Président n’a rien retenu de ses multiples voyages « sur le terrain » lors de ces douze derniers mois. Etonnant également de la part d’un candidat-président qui compte parmi ses directeurs de campagne le titulaire du portefeuille de l’agriculture. Tout comme ce l’est, de la part du challenger qui rappelle très souvent ses attaches corréziennes et provinciales. Une telle discrétion fait peu de cas d’un secteur largement gagnant dans ses échanges commerciaux et moins sujet, hormis les accidents climatiques, aux aléas politiques ou stratégiques que les grands contrats industriels doivent parfois affronter. Sans parler des effets positifs induits sur les économies locales, avec le maintien d’une animation dans les zones rurales et des emplois disséminés sur tout le territoire, même dans des zones difficiles d’accès. Surprenant de voir qu’aucun des deux prétendants n’ait prêté davantage d’attention à ces électeurs qui sont sensibles au maintien de leur activité dans leur pays et qui auraient, selon les sondeurs, pour beaucoup fait leur choix au premier tour, pour exprimer leur crainte d’une désertification rampante de leurs provinces. Par delà les arrière-pensées politiques, une vision plus nette des ambitions des deux candidats pour cette filière aurait eu du sens.