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Viande porcine/Restructuration Gad : le site de Lampaul Guimiliau condamné ?

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Depuis plusieurs mois déjà, une rumeur insistante prévoit la fermeture d’un des deux abattoirs de Gad SAS. Les élus locaux, par la voix de Georges Tigréat, président de la communauté de communes du pays de Landivisiau, s’inquiètent de la fermeture programmée du site de Lampaul Guimiliau (29). Selon lui, le site va fermer le 20 août. « De source sûre, nous savons que la décision a été prise en haut lieu. (…) Pour éviter l’onde de choc sociale, il est prévu de mettre tout le monde au pied du mur le plus tard possible. La fermeture définitive sera donc annoncée en pleine période estivale», a-t-il déclaré au Télégramme. Le site emploie environ 850 personnes sur les 1 700 que compte l’entreprise. « Toute décision est à ce stade prématurée, des repreneurs pouvant se manifester jusqu’au 10 juin. Le contexte de marché est très compliqué, mais les administrateurs judiciaires et la direction travaillent sans relâche à trouver une solution de continuité pour Gad SAS », a répliqué la direction dans un communiqué laconique. Au ministère, on ne commente pas les propos de Georges Tigréat (UMP) et l’on s’en remet à la décision qui sera prise parle tribunal de commerce le 10 juin, mais l’on rappelle que le gouvernement serait prêt à appuyer un repreneur potentiel au besoin. Contacté par Agra alimentation, Cecab, actionnaire majoritaire de Gad, n’a pas répondu.
Si FO assure dans le quotidien breton qu’un repreneur était sur les rangs pour ce site (le nom d’Intermarché est évoqué), la CFDT est moins optimiste. « La date limite pour les offres de reprise a été repoussée du 17 mai au 10 juin. Pour l’instant, selon nos informations, personne ne s’est manifesté. Quelques groupes ont commencé à regarder, mais ils n’ont pas été plus loin qu’un premier contact », nous a indiqué Patrick Piguel (CFDT). Le syndicaliste souligne le danger des déclarations des élus locaux, qui vont inquiéter les salariés davantage encore. « Nous n’avons aucun élément tangible pour l’heure. Pour l’instant, aucun projet de reprise totale ou partielle ne se dessine. Un plan de continuation par Cecab pourrait être décidé, mais il ne pourrait pas conserver le périmètre actuel. Le dernier scénario possible, c’est la liquidation mais il faudrait dans ce cas veiller à ce que d’autres acteurs puissent reprendre les volumes de Gad et ce n’est pas si simple », explique le syndicaliste. Lors des tables rondes sur la filière porcine, les services du ministère n’ont pu que constater la position très attentiste des acteurs de l’abattage découpe. Dans un contexte de surcapacité des abattoirs (de 25 M, la production porcine française est passée à 24 M), les acteurs de la filière porcine sont tentés de croire qu’un abattoir de moins leur apportera des volumes en plus. Mais cela ne résoudrait qu’une partie de leurs problèmes, et ce à court terme, car les difficultés de la filière sont bel et bien structurelles et nécessitent des mesures d’une toute autre ampleur qu’une simple nouvelle répartition des volumes.