Abonné

Grinoloco lance une filière issue des jardins privés

- - 3 min

Fondée en avril, la start-up française Grinoloco veut créer une nouvelle filière alimentaire très originale, issue des jardins privés. Le projet est simple: des particuliers mettent une parcelle non cultivée à disposition de la plateforme Grinoloco (sous la forme d’un contrat de commodat) ; et de son côté, Grinoloco anime un réseau d’indépendants à qui elle sous-traite la culture de la parcelle (inspirée de la permaculture), mais aussi la commercialisation des produits qui en sont issus.

Les consommateurs achètent les produits par l’intermédiaire du site internet, à un prix fixé par Grinoloco et dans un rayon maximum de 5 km ; la personne qui cultive la parcelle (le jardinier) reçoit 47% des ventes;  celui qui réalise la vente (l’ambassadeur) 23% ; celui qui réalise le suivi technique (le coordinateur) 4,5%. Le reste (25,5%) est reversé à Grinoloco, pour son activité d’animation et d’accompagnement administratif et juridique. 

Le succès de ce projet repose en grande partie sur la capacité de construire un réseau d’« ambassadeurs » indépendants, qui puissent démarcher de potentiels clients et prêteurs de jardins. Un défi de motivation et d'animation que connaît bien Kevin Peyrusaubes, le fondateur (voir photo ci-dessous), qui a animé un réseau d’indépendants pendant six ans au sein d'une entreprise de vente à domicile. 
À l’instar d’un réseau de vente à domicile, Grinoloco part donc d’emblée sur un développement national (jusqu'en Belgique), à l’inverse de certains réseaux de livraison en circuits courts qui privilégient un développement ville par ville. «Nous avons surtout besoin de gens qui nous font confiance, qui croient dans ce projet et qui ont conscience que c’est ensemble que nous changerons les choses». 

Les premières parcelles sont d’ailleurs situées en Belgique, en région parisienne et dans le sud de la France. Certaines sont animées par une seule personne qui cumule les rôles de prêteur, « jardinier », « ambassadeur » et « coordinateur ». Grinoloco se dit également ouvert à d’autres schémas: vente de produits de maraîchers professionnels ou d’associations ; complément d’activité pour des paysagistes.

Jusqu’ici, l’un des principaux défis a été le montage juridique, explique Kevin Peyrusaubes. Il s’est agi de s’assurer que les «jardiniers» ne verront pas leur contrat requalifié en contrat de travail salarié, qu’ils ne soient pas assimilés à des agriculteurs, et que les conditions de commercialisation répondent bien aux normes sanitaires en vigueur. « Pour nous c'est important que Grinoloco ne soit pas un agriculteur, nous sommes des jardiniers passionnés. Le métier d'agriculteur, que nous respectons, est très verrouillé, par exemple pour l’utilisation des semences.»

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

permaculture
Suivi
Suivre