Quelques jours après l’annonce de la récupération par la Société générale de 3,4 % d’actions Casino nanties par Rallye dans le cadre d’un accord de financement, les différentes entités du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri ont donné des éclaircissements sur les conséquences qu’aurait la réalisation d’autres nantissements sur le contrôle de Casino et de Rallye.
Rallye, la maison mère de Casino, et la Foncière Euris, la maison mère de Rallye, ont fait le point le 12 juillet 2019 dans deux communiqués distincts sur leurs accords de financement en place avec des banques. Il s’agit de financements bénéficiant de "nantissements" : en cas de réalisation notamment de ces contrats, les différents établissements financiers concernés, en réalisant ces nantissements, deviendraient actionnaires de Rallye ou de Casino. Cette mise au point intervient une semaine après que la Société générale ait annoncé avoir obtenu gain de cause auprès du tribunal de commerce de Paris pour récupérer pour une valeur de 8,57 M€, 3,4 % du capital de Rallye, soit plus de 1,7 million d’actions nanties par Euris dans le cadre d’un montage financier. Annonce qui avait donné lieu à différents scénarios sur la position des banques en cas d’impossibilité par le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri de rembourser sa dette.
Cette mise au point permet d’apprendre dans le cas d’Euris que dans le cadre de ces accords de financements d’un total de 77,2 M€, les nantissements susvisés portent sur 11,3 millions d’actions Rallye, soit 21,6 % du capital. "La réalisation de l’intégralité des nantissements susvisés porterait la participation de Foncière Euris dans Rallye à 40,3 % du capital et 55,8 % des droits de vote et serait donc sans effet sur le contrôle de Rallye par Foncière Euris", précise le communiqué.
Contrôle en droits de vote
Dans le cas de Rallye, les financements s’élèvent à 231 M€ et les nantissements portent sur un total de 9,5 millions d’actions Casino, soit 8,7 % du capital. Et dans ce cas, "la réalisation de l’intégralité des nantissements susvisés porterait la participation de Rallye dans Casino à 43,6 % du capital et 53,2 % des droits de vote et serait donc sans effet sur le contrôle de Casino par Rallye". Dans un cas comme dans l’autre, à savoir Euris dans Rallye et Rallye dans Casino, ils resteraient donc majoritaires en droits de vote.
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Dans un troisième communiqué, Casino a quant à lui confirmé "que ces opérations n’ont aucun impact sur le contrôle exercé par Rallye et ses holdings sur Casino". Et le distributeur de rappeler également "que la perte du contrôle de Casino par Rallye ou ses sociétés holdings n’aurait aucun impact juridique sur la dette de Casino et ne constituerait pas un cas de défaut ".
Retour des rumeurs d'un rapprochement Carrefour-Casino
Les rumeurs ont la vie dure. Déjà évoqué en septembre dernier, un rapprochement entre Carrefour et Casino refait surface, un scénario alimenté par les difficultés financières rencontrées par le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri. Dans ce cadre, les analystes de la Barclays James Anstead, Nicolas Champ et Eric He, spécialistes du secteur, se sont prêtés au jeu du "what if". "Une telle combinaison semble potentiellement intéressante car la nouvelle entité serait un leader en France et au Brésil et serait en mesure de bénéficier de synergies importantes", indiquent-ils. Ensemble, les deux distributeurs détiendraient 30% de parts de marché en France et 50% au Brésil. A condition évidement que l'Autorité de la concurrence ne s'y oppose pas, contrairement à son homologue britannique dans le dossier Asda et Sainsbury dernièrement. Quant à la valorisation, Barclays ne donne pas de montant pour cette opération. Mais tout laisse à penser que Carrefour n'offrira pas une prime importante au vue de la situation délicate dans laquelle se trouve Casino et qu'il n'a pas vraiment de concurrents sur ce dossier. Un rapprochement dont Carrefour aurait en tout cas le plus à gagner, selon Barclays.