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Guerre commerciale : accalmie dans les tensions agricoles transatlantiques

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Le report des rétorsions de l’UE visant le bourbon américain rebat les cartes des taxes des Etats-Unis sur les boissons alcoolisées dont la décision aurait été ajournée jusqu’au 14 avril. Mais même sans droits de douane, les expéditions vers les États-Unis sont à l’arrêt. En parallèle, Washington pourrait avoir besoin de l’UE pour couvrir sa demande en œufs.

« Vingt-quatre heures intenses à Washington pour des discussions de fond », a commenté, le 25 mars, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic, dans un message sur le réseau social X, à l’issue d’une nouvelle rencontre avec le secrétaire d’État Howard Lutnick, l’ambassadeur Jamieson Greer et le directeur de la Commission économique nationale Hassett. Et d’ajouter : « Le travail acharné se poursuit. La priorité de l’UE est d’obtenir un accord juste et équilibré plutôt que des droits de douane injustifiés ». Avec le report de l’entrée en vigueur des rétorsions sur les produits américains (dont les bourbons), annoncé le 20 mars par le Slovaque, la porte s’ouvre pour un ajournement, jusqu’au 14 avril, de la décision américaine concernant les taxes de 200 % sur les boissons alcoolisées promises par le président Donald Trump. C’est ce qu’indique, le 20 mars, l’US Wine Trade Alliance (USWTA, commerçants américains) dans une note à l’attention de ses membres. « Il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction pour apaiser les tensions », a réagi l’association professionnelle, qui espère, à présent, que ce délai permettra aux parties de négocier une solution amiable.

Marcher sur des œufs

Néanmoins, en dépit de toute matérialisation des sanctions américaines sur les boissons alcoolisées, la menace brandie par Donald Trump aura suffi à engendrer des conséquences sur les exportations. « Cela a eu un effet immédiat : ça a stoppé une grande partie des expéditions », a décrit à l’AFP, Gabriel Picard, président de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). Et d’ajouter : « Les importateurs américains, dans l’incertitude, ont stoppé leurs retiraisons (expéditions, N.D.L.R.), y compris certains conteneurs quasiment en train d’être chargés sur le bateau. Cela touche l’ensemble des régions, petites exploitations, sociétés de négoce… ». Un sentiment partagé par le principal syndicat agricole italien, Coldiretti, qui avance que les droits de douane américains pourraient coûter aux producteurs « six millions d’euros par jour » et réduire les exportations de boissons alcoolisées de 70 à 80 %. Et d’ajouter : « Les vins d’autres pays non touchés par les droits de douane combleront le vide laissé par le vin italien ».

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Paradoxalement, en grand déficit de production en raison d’une épidémie de grippe aviaire qui a fait exploser les prix des œufs, Washington devrait s’en remettre… aux importations. « Pour l’instant, nous allons importer des œufs de Turquie et de Corée du Sud », a ainsi expliqué le 21 mars la secrétaire d’État à l’Agriculture Brooke Rollins qui ajoute avoir parlé « à une poignée d’autres pays dont nous pourrons bientôt importer la production » dont certains pays de l’UE comme la Pologne ou la Lituanie.