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Sauces et épices/Stratégie  Gyma repart à la conquête de l’Europe

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Restructuré, Gyma s’imagine en leader européen incontesté des sauces en RHF. Le groupe basé à Carpentras, qui commercialise déjà 85 000 tonnes de sauces dans huit pays européens, espère voir grimper son activité de plus de 40 % d’ici 3 ans, pour atteindre les 140 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une fois sa logistique et son staff réorganisés, Gyma a déjà réussi à réduire significativement son endettement, et relance ses investissements industriels. Avec comme objectif le leadership sur les marchés allemand et britannique.

Gyma est dans les starting-blocks. Ses finances assainies et ses troupes renouvelées, le producteur provençal de sauces compte réaffirmer son leadership européen sur le circuit RHF. Et vise une croissance de 40 % de son chiffre d’affaires d’ici 2009 ! «  Nous sommes aujourd’hui taillés pour faire de grandes choses », annonce Yves Ducros, p.-d.g. du groupe. Le fils du fondateur de la célèbre marque éponyme s’est en effet « décarcassé »ces trois dernières années pour remettre son groupe en ordre de marche. «  Nous avons opéré un double virage, industriel et humain », explique Denis Parfait, directeur administratif et financier de Gyma. D’un côté, le groupe de Carpentras vient de pousser ses investissements annuels de 2 à près de 6 millions d’euros, en vue de se doter de nouvelles machines adaptées aux exigences de la RHF «  et de retrouver sa réactivité », selon Yves Ducros. De l’autre, une réorganisation interne a redynamisé l’entreprise.

Une situation financière assainie

En quête de synergies, l’industriel a mutualisé la logistique des activités sauces et épices de son groupe (70 % contre 30 % de ses 94,2 millions d’euros de chiffre d’affaires) sur sa plate-forme de Cavaillon, et cédé sa flotte d’une vingtaine de semi-remorques. Dans le même but, ses trois usines françaises vont être regroupées au sein d’une structure commune. Des efforts qui ont permis de redresser des résultats déficitaires et d’éponger ses dettes. De 22,6 millions d’euros en 2002, son endettement a fondu de plus de 43 %, ramené à 12,7 millions en 2005. Dans le même temps, son résultat courant avant impôts sortait du rouge, passant de -0,8 million d’euros à +1,285 million.

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Devenir n°1 en Allemagne et au Royaume-Uni

Avec une part de marché estimée à 15 %, Gyma serait «  incontournable sur le marché RHF des sauces émulsionnées ». Une position de leader européen qu’Yves Ducros entend conforter. Son fils, Benoît Ducros, directeur général de l’entreprise, détaille : «  D’ici 3 à 5 ans, notre activité doit être réalisée à 60 % hors de France contre 40 % à l’heure actuelle. Et bien sûr, sans diminuer nos ventes dans l’Hexagone ». Avec deux étapes incontournables : «  Etre le numéro un en Allemagne et au Royaume-Uni ». Après s’être désengagé de plusieurs pays d’Europe de l’Est, Gyma se concentre

désormais sur les marchés de l’Europe du Nord, où la société possède déjà des sites de production (voir encadré). «  Une implantation industrielle locale permet d’être crédible au niveau commercial », rappelle Yves Ducros. Et «  se tenir leader au niveau européen signifie pour moi être présent dans tous les pays », poursuit-il. Une ambition dont découle la mise en place d’une équipe de direction à l’échelon européen. Et qui devrait se traduire à terme par d’inévitables opérations de croissance externe. Avec à l’horizon 2009, un objectif de chiffre d’affaires de 135 à 140 M EUR, pour un résultat opérationnel courant de 2,8 M EUR.