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Sylviculture Hausse des prix des forêts de 2,9% en 2003

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Le prix moyen des forêts s’est accru de 2,9% en valeur courante en 2003, à 3 740 euros l’hectare, selon l’indicateur du marché des forêts, rendu public le 25 mai. La croissance se ralentit, mais les facteurs de hausse semblent loin d’être épuisés.

Pour la neuvième année consécutive, la Société forestière de la Caisse des dépôts et consignations, la Scafr (Société centrale d’aménagement foncier rural, qui dépend de la la Fédération nationale des Safer) et la FNSafer, publient l’indicateur annuel du marché des forêts.

« En 2003, le marché des forêts est toujours en croissance», a commenté Robert Lesveque, directeur du service études à la FNSafer. Depuis 1997, les forêts se sont revalorisées de 41%. Le rythme de croissance des prix se ralentit actuellement, car l’on est «à la fin d’un cycle», comme dans l’immobilier.

Multiples intérêts à acheter

La recherche d’espace-loisir est toujours forte. « Nos parents voulaient des mètres carrés bâtis, aujourd’hui les générations d’acheteurs cherchent à entourer leur logis d’espaces boisés», a précisé Laurent Piermont, p.-d.g. de la Société forestière. Malgré la fin du cycle, la demande pourrait perdurer à des niveaux soutenus. On entre en effet dans une période de "papy boom". Toute une classe d’entrepreneurs va arriver à la veille de la retraite. Les raisons pour lesquelles des acheteurs sont motivés par l’achat d’une forêt sont nombreuses : la passion pour la sylviculture, l’ornithologie, la chasse, la recherche d’un placement assez intéressant (exonération des trois-quarts des droits de mutation, déclaration de seulement un quart de l’impôt sur la fortune) et qui veulent en même temps laisser à leurs enfants des stocks de bois, dont ils croient fermement à la remontée des prix.

Les investisseurs semblent considérer que la baisse des prix du bois n’est que conjoncturelle, et que tôt ou tard ils s’envoleront comme les prix de l’ensemble des matières premières, a estimé Laurent Piermont. Enfin, la décentralisation a activé la demande d’espaces boisés par les conseils généraux, a précisé Max Penneroux, directeur général adjoint de la Société forestière.

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À partir du 1 er janvier 2005, où devrait s’ouvrir le marché communautaire de CO2, la plantation de forêts donnera-t-elle lieu à des crédits d’émission de CO2? Non, a répondu Laurent Piermont, car ce n’est pas prévu pour l’instant par la directive européenne d’octobre 2003, qui institue le marché européen du CO2. Les écologistes allemands et néerlandais se sont opposés à l’inclusion des forêts dans le dispositif du marché européen de quotas de CO2, au motif qu’une telle inclusion serait par trop mercantile. En revanche, le gouvernement de Nouvelle-Zélande vient d’annoncer que les propriétaires installés depuis 1990 pourront obtenir des crédits de gaz carbonique, a relaté la lettre norvégienne Point Carbon le 19 mai.

L’indicateur répertorie trois segments de marchés des forêts : les forêts de plus de 50 hectares, un marché animé en 2003 par les achats des collectivités territoriales; les forêts de plus de 25 hectares, davantage orientées vers la production de bois; enfin les forêts de moins de dix hectares, souvent recherchées pour leur fonction d’espace loisir, autour d’une maison.

La hausse des prix la plus forte a été répertoriée en région Ile-de-France (+17,8%), et la seule baisse (-11,5%) a été constatée dans le pourtour méditerranéen.