Créée à Roubaix, la start-up Haut la consigne teste depuis 18 mois le réemploi de bouteilles auprès de brasseries et distributeurs régionaux. Elle se diversifie dans les plats pour repas auprès des métiers de bouche et veut créer, d’ici à fin 2021, un centre régional de stockage, tri et lavage de contenants.
Créée à Roubaix, la start-up Haut la consigne teste depuis 18 mois le réemploi de bouteilles auprès de brasseries et distributeurs régionaux. Elle se diversifie dans les plats pour repas auprès des métiers de bouche et veut créer, d’ici à fin 2021, un centre régional de stockage, tri et lavage de contenants.
Âgées de 34 à 42 ans, avec des expériences préalables dans le retail et l’industrie, Blandine Rappeneau, Florence Duriez et Catherine Thiebert viennent de créer, à Roubaix, la start-up Haut la consigne (SAS au capital de 6 000 €) spécialisée dans les filières de réemploi de contenants. Les fondatrices partagent des convictions fortes sur l’économie circulaire et l’envie de se reconvertir. "Nous voulons réduire la consommation d’emballages à la source et aider les habitants à le faire tout en accompagnant les acteurs de l’industrie alimentaire, de la restauration et de la distribution pour adopter des solutions de réemploi de contenants simples et adaptées à leurs contraintes", résume Florence Duriez, présidente de la start-up. Dix-huit mois avant la création de leur société, elles ont identifié les contenants compatibles (bouteilles, plats, bocaux, gobelets) et commencé par des bouteilles de bière, suite à la rencontre avec la Brasserie Moulins d’Ascq, elle aussi mobilisée dans cette démarche et à la recherche d’un partenaire pour l’accompagner. Ensemble elles ont lancé la première filière, "Ramène ta bouteille", en collaboration avec le grossiste bio Spenninck (Min de Lomme) prêt à récupérer les bouteilles vides chez les distributeurs qui vendent les bières Moulins d’Ascq.
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Quinze brasseurs impliqués
"Notre mission est d’accompagner les entreprises en vérifiant, dans le cas des brasseries, que leurs bouteilles sont compatibles avec une réutilisation, que les colles pour les étiquettes sont hydrosolubles, en faisant une cartographie de leurs réseaux de distribution pour organiser la logistique, en sensibilisant les distributeurs", détaille Florence Duriez. L’enjeu du réemploi est de taille pour les brasseurs "car, comme l’a souligné l’étude Deroche réalisée chez Météor en Alsace, on économise 75 % d’énergie en lavant une bouteille plutôt qu’en la fondant, on réduit de 79 % l’émission de gaz à effet de serre en adoptant le circuit court et on limite de 33 % la consommation d’eau car, avant d’être fondu, le verre perdu est lavé et poli", rappelle-t-elle. Après l’expérience avec Moulins d’Ascq qui a vu le réemploi de 15 000 bouteilles, "Ramène ta bouteille" a séduit une quinzaine d’autres brasseurs régionaux, parmi lesquels la Brasserie des 3 Monts qui a mis à disposition son propre centre de lavage, un équipement devenu rare depuis l’abandon de la consigne en France dans les années soixante-dix/quatre-vingt. "D’ici à fin 2021, nous créerons notre propre centre de tri, de stockage et de lavage d’une capacité de 5 000 bouteilles par heure, et cherchons un local de 1 000 m2 dans la métropole lilloise pour un investissement prévisionnel d’un million d’euros", annonce Florence Duriez. Haut la consigne, qui vient de lancer une deuxième filière "Ramène ton plat" à destination des métiers de bouche (trois traiteurs testent avec 1 000 plats fournis par la start-up), prévoit de se rémunérer en proposant des forfaits d’accompagnement des entreprises et la revente des contenants lavés à des tarifs similaires au neuf. Elle ambitionne de laver 50 000 bouteilles en 2021 et 100 fois plus d’ici à cinq ans.