A Mons-en-Baroeul (59), où est implanté le plus important site français du groupe Heineken, le brasseur développe des partenariats avec Ball Packaging et le groupe mondial O-I pour réduire son empreinte environnementale. La brasserie travaille également en interne à la réduction de ses consommations et de ses déchets pour un développement responsable.
Dans le Nord-Pas de Calais, l'initiative d'Heineken n'est pas isolée. Le syndicat des brasseurs du Nord, avec l'appui du pôle d'excellence agroalimentaire Agroé, a travaillé sur l'évaluation environnementale de la filière brassicole, du producteur d'orge au restaurateur avec l'appui d'un producteur d'orge, d'un malteur et de trois brasseurs (Page 24, 2 Caps et 3 Brasseurs). Il s'agissait là de comprendre le cycle environ-nemental de chacun des acteurs (notamment sa consommation de fluides et d'énergie) et de construire un outil de modélisation qui puisse permettre à chaque brasseur de se situer par rapport à un standard. Expérimenté sur trois brasseries du Nord, les promoteurs de ce nouvel outil compte bien le diffuser sur un plan national avec l'appui de Brasseurs de France.
Heineken France organisait le 21 septembre une table ronde, dans l'enceinte de sa brasserie de Mons-en-Barœul, autour des enjeux du développement durable. L'occasion de faire partager sa vision d'un écosystème industriel pleinement inséré dans la responsabilité sociétale et environnementale (RSE). « Quand on se lance dans une démarche préservant l'environnement, on est toujours gagnant à terme », soulignait Philippe Vasseur à cette table ronde. L'ancien président de Brasseurs de France, qui est également l'initiateur du World Forum de Lille et le grand défenseur de la troisième révolution industrielle aux côtés de Jeremy Rifkin, pressent l'arrivée d'un nouveau « business model » que défendent les dirigeants d'Heineken. « En 2012, notre objectif consistait à réduire la consommation d'eau du site nordiste de 30% d'ici 2020 », expliquait Pascal Sabrié, président d'Heineken France, en rajoutant aussitôt : « Nous y sommes parvenus dès 2014, et nous irons encore plus loin !». « Si la production de la brasserie a augmenté d'1Mhl en l'espace de cinq ans (1), un tel développement s'est opéré de manière responsable », a-t-il poursuivi. Heineken récupère également l'ensemble de ses déchets qu'il méthanise. Le biogaz produit permet de fournir 6% des besoins énergétiques du site. Pour Pascal Sabrié, qui préside également l'association française « Entreprise et Prévention », il est important de veiller également à la consommation responsable de ses produits : « Les 274 salariés du site reçoivent tous des formations sur le sujet », précisait-il.
DES PARTENARIATS AVEC LES FOURNISSEURSLors de cette journée, Heineken a mis en avant les partenariats scellés de longue date avec son fournisseur de boîtes en aluminium (Ball Packaging implanté à Bierne près de Dunkerque) ou O-I Europe, fournisseur principal de bouteilles verre dont une des neuf usines françaises est implantée à Wingles (62) à 35 km de la brasserie. « Plus d'un litre de bière sur quatre consommé en France l'est en boîtes », a souligné Philippe Vanhelst, responsable commercial France de Ball Packaging. Une consommation qui ne fait qu'augmenter : « En vingt ans, nous somme passés de 17 à plus de 70 boîtes par habitant et par an », rappelait-il. Ball Packaging livre la brasserie de Mons depuis plus de vingt-cinq ans : « On a baissé le poids de nos boîtes de 30% durant cette période », rappelait-il. Et ce n'est pas fini : « La brasserie de Mons en Barœul doit sortir d'ici la fin de l'année une nouvelle boîte avec un nouveau système de fermeture qui permettra d'économiser encore 72 tonnes d'aluminium par an ! », a-t-il révélé ce jour-là en précisant que son groupe travaillait également à une nouvelle boîte permettant une nouvelle réduction de poids de 10%.
(1) Le transfert de 430 000 hl de Schiltigheim à Mons-en Baroeul explique en grande partie une telle hausse.
Avec une capacité de production de 3,5 millions d'hectolitres, la brasserie de Mons-en-Baroeul a fabriqué et conditionné 3 millions d'hectolitres en 2014, soit la moitié des volumes brassés en Nord-Pas de Calais (132 références). Elle emploie 274 salariés.
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Le groupe emploie également 200 personnes sur la plateforme de dis-tribution de sa filiale « France Boisson » qui possède 3 700 clients sur la zone Nord.
Depuis 2008, 62 M€ y ont été investis, soit environ 9M€ par an. « Une tendance qui va se poursuivre », a expliqué Stéphane Crepel, qui cumule depuis le 1er janvier dernier la direction des sites de Mons en Baroeul et de Schiltigheim.
Heineken entretient un autre type de partenariat avec l'usine de Wingles du verrier mondial O-I. Créé en 1924, l'établissement de Wingles emploie actuellement 155 personnes et possède une capacité de production d'un milliard de bouteilles verre par an, fabriquées à 90% avec du verre recyclé.
« Nous collaborons avec Heineken depuis trois ans pour rechercher en permanence le juste poids de nos bouteilles », expliquait Christophe Bousseau, le directeur d'usine. Un partenariat qui va même au-delà : « Nous réfléchissons également avec la brasserie sur le futur design des bouteilles », rajoutait Nicolas Robin, directeur « Europe» des affaires publiques du groupe O-I dont les objectifs en terme de RSE sont partagés avec clients et fournisseurs.
Depuis trois ans, un tel partenariat a permis de réduire de 10 g le poids des bouteilles de 25 cl d'Heineken. « Ce qui représente une économie de 13 000t de verre/an. »