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Sauces, conserves, surgelés/Restructuration Heinz réfléchit à la cession de Petit-Navire

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Le propriétaire du célèbre Ketchup veut réduire son périmètre en Europe. En cause : des résultats 2004-2005 qu’il estime freinés par ses activités sur le Vieux Continent.

Heinz a annoncé le recentrage de ses activités sur ses marques principales et une série de désinvestissements en Europe, laissant planer le doute sur l’avenir des conserveries Petit Navire et Parmentier.

Lors de la présentation des comptes 2004-2005 le 26 mai, le groupe américain a indiqué qu’il préparait une « revue stratégique » de ses activités en Europe et en Nouvelle-Zélande. Selon ses chiffres, la réflexion concerne 6 700 emplois dont 250 en France. L’usine française concernée emploie 243 ouvriers et 82 cadres et employés administratifs à Douarnenez (Finistère). «  Rien n’a été décidé à ce jour, a précisé Michael Mullin, porte-parole de Heinz pour l’Europe. Nous allons étudier toutes les options dans les six à neuf mois à venir. »

William Johnson, le p.-d.g. du groupe, s’est montré plus direct en présentant ses résultats aux actionnaires américains : «  Cette revue stratégique fait suite à la transformation réussie de nos activités nord-américaines, et nous cherchons par conséquent à faire de Heinz une entreprise plus concentrée, à la croissance plus rapide,a-t-il déclaré. Nous allons orienter notre attention et nos ressources vers nos grandes marques qui sont numéro 1 ou numéro 2 sur leur marché, et sur quatre grands marchés en croissance. » Les secteurs retenus sont les sauces et condiments, dont le fameux ketchup, la restauration hors-foyer, les aliments pour bébés et le snacking.

Comptes annuels mitigés

Outre Petit Navire et Parmentier, Heinz a annoncé qu’il allait reconsidérer ses participations dans John West, Weight Watchers from Heinz, Linda McCarteny et Aunt Bessie’s au Royaume-Uni et en Irlande ainsi que sa production de fruits de mer surgelés dans ces pays. Les poissons Marie Elisabeth au Portugal et Mareblu en Italie sont également sur la sellette, de même que les volailles Tegel en Nouvelle-Zélande et des sites de production aux Seychelles. La vente des légumes préparés néerlandais HAK est quant à elle déjà programmée.

La direction du groupe s’appuie sur des comptes annuels mitigés pour justifier la restructuration annoncée. Le résultat net de Heinz s’établit à 752,7 millions de dollars pour 2004-2005, en baisse de 6,2 % par rapport à l’année précédente. Le dernier trimestre a permis de limiter des dégâts avec une hausse de 5,5 % des revenus nets, grâce à de bonnes performances en Amérique du Nord et dans le Pacifique. Un rebond que William Johnson attribue au recentrage de Heinz sur ses marques-phares.

La présentation des résultats s’est en revanche avérée sévère pour les filiales européennes du groupe. Ici, seules les ventes de ketchup et de soupes ont pu compenser le recul des fruits de mer, des surgelés et des légumes en conserve. Mis sous pression par une baisse des prix qui ne se limite pas aux franco-français « accords Sarkozy », Heinz n’a progressé en Europe que grâce à un taux de change favorable en 2004-2005.

L’entreprise enregistre une baisse de 6,1 % de son résultat d’exploitation sur notre continent, qu’elle explique par une augmentation des coûts. En cause selon elle : les matières premières et l’énergie, mais aussi les charges sociales, le poste des procédures judiciaires et les honoraires.