Abonné

Volaille/Crise Heureux dénouement en vue pour Doux

- - 4 min

« La bonne surprise » titrait en première page le quotidien Le Télégramme, ce mercredi 22 mai, au lendemain de l’annonce faite par le groupe Doux devant le tribunal de Quimper qu’un accord de principe avait été obtenu avec un « fonds de retournement » pour entrer au capital et participer au redressement de la société. Les juges consulaires se sont donnés un temps de réflexion pour statuer sur une éventuelle prolongation de 6 mois demandée par les administrateurs judiciaires. Leur décision sera rendue ce 24 mai en début d’après midi.

Les administrateurs judiciaires et la direction de Doux ont sollicité le mardi 23 mai une nouvelle prolongation de 6 mois de la période d’observation pour le groupe volailler, en redressement judiciaire depuis le 1er juin 2012. Ils ne sont pas venus les mains vides, annonçant avoir signé un accord de principe avec Didier Calmels pour l’entrée au capital de sa holding Développement et Partenariat (D&P). L’homme d’affaires rachèterait les créances de la Barclays Bank, premier créancier du volailler avec 150 millions d’euros (142 millions plus les intérêts échus). Cette créance serait ensuite convertie en actions, ce qui conférerait à D&P 64% du capital du volailler. La famille Doux et BNP Paribas conserveraient le solde restant du capital. Autre élément déterminant, D&P envisagerait de céder « pour un réal symbolique » la filiale de Doux au Brésil, Frangosul, au géant brésilien de la viande JBS, qui en est actuellement le locataire-gérant, selon Régis Valliot, administrateur judiciaire. En échange, JBS renoncerait aux créances sur la France, ce qui permettrait d’éliminer 60 millions de dettes supplémentaires du passif de Doux, actuellement de quelque 340 millions d’euros. Le tribunal rendra sa décision le jeudi 23 mai dans l’après midi. A l’issue de l’audience, Régis Valliot se montrait toutefois confiant. Il déclarait devant les télévisions que « le travail accompli sous redressement judiciaire avait permis de reformater le groupe et de trouver un périmètre qui lui a permis de se redresser ». Il précisait par ailleurs que la période des licenciements « était derrière nous, le dernier développement en date, avec la fermeture de Galina (site des dindes à Pleucadeuc, ndlr), n’était pas prévu comme cela ».

Un fonds de retournement

L’arrivée du fonds D&P a suscité une certaine surprise, mais aurait été pilotée depuis plusieurs mois par Régis Valliot, administrateur judiciaire, proche de Didier Calmels qui a été syndic judiciaire auprès du Tribunal de commerce de Nanterre, avant de fonder sa société d’investissement, dont il est actionnaire majoritaire. Développement et Partenariat gère plus de 180 M€ à travers ses différents fonds sous gestion, y compris son dernier véhicule levé en décembre 2010, le FCPR à procédure allégée D&P V. Développement et Partenariat vise à prendre des participations de l’ordre de 3 à 7 M€ dans des PME françaises, dont le chiffre d’affaires est généralement compris entre 10 et 100 M€. Il compte parmi ses « 70 actionnaires entrepreneurs », des personnalités comme Vincent Bolloré, président du Groupe Bolloré, Hervé Descottes actionnaire et dirigeant de Le Tanneur et Cie (que D&P a contribué à redresser) et Michel Reybier qui a occupé différents postes de direction générale dans le secteur de l’agroalimentaire. Il a notamment dirigé une chaîne de supermarchés dans la région lyonnaise, la société de production de chocolats et de biscuits Cemoi, ainsi qu’un groupe de salaisons, commercialisant, entre autres, les marques Aoste, Justin Bridou et Cochonou. L’arrivée de ce fonds aurait également été suivie de très près par les ministres Arnaud Montebourg et Stéphane Le Foll

Prudence des syndicats

« Pour l’heure, nous restons sur nos gardes, car nous ne connaissons pas la stratégie de ce repreneur et aucune date n’a été fixée pour un rendez-vous avec les salariés », nous a précisé Patricia Le Bars, déléguée centrale CFDT de Doux. Les syndicats se demandent principalement si ce fonds a vocation à rester de manière durable. Selon leurs informations, « la période de transition, en accord avec la direction actuelle, verrait le maintien de Jean-Charles Doux comme p.-d.g. et d’Arnaud Marion à la direction générale ».